lundi 19 octobre 2009

Des affres de la création.

delianka

Délian-Ka, l'une des héroïnes principales de notre saga à qui il arrive des déboires dont nombre causés par sa meilleure amie Wang-Ka (ci-dessous) à cause de son foutu caractère d'aurochs enragé et de ses idées proportionnellement courtes par rapport à ce que sa tignasse est touffue et longue... Et comme elle a les cheveux TRES longs, autant augurer de la petitesse de ses idées... Oui, ce n'est pas vraiment un personnage idéal ! (les deux dessins sont mes oeuvres.)

WangKa6
Il y a très longtemps, Mimi m’a dit sagement que notre univers science-fictionnel ne devrait pas devenir une aliénation. Dont acte.
Seulement, voilà, nous mettons en scène deux personnages tirés plus que de notre imagination, parce qu’ils semblent, de plus en plus, être les réminiscences de vies passées. Oui, je sais, c’est dingue, mais de multiples découvertes récentes faites par les scientifiques corroborent de plus en plus ce que nous avons en tête depuis presque vingt-cinq ans, Mimi et moi, à propos tant de l’aspect physique que des capacités mentales des Néanderthaliens.
Certes, pour rendre notre récit crédible, nous en avons fait de la science-fiction, les livres d’occultisme étant du tout et du n’importe quoi, surtout la porte grande ouverte à des charlatans et des sectes sans scrupules, aussi avons-nous décidé de raconter une histoire basée au départ sur les personnages qui hantaient nos inconscients depuis bien longtemps.
Seulement, voilà. À leur imaginer des aventures terribles, à nos alter ego primitifs, il s’avère que parfois, cette écriture à quatre mains bafouille, hésite, et que nous-mêmes en pâtissions ici-bas. Les conflits opposant nos personnages par ailleurs, au départ, les meilleures amies du monde, rejaillissent sur notre quotidien, et tant l’une que l’autre hésite bien souvent à les mentionner de peur de froisser l’autre, et réciproquement.
Or, je suis enfin parvenue, après de fort longues années, à faire la part des choses, et à me dire que si le personnage de Wang-Ka était quelque part mon moi profond, je n’en étais pas moins autre, avec un autre vécu et une éducation toute différente, et j’ai fini par la reléguer au grenier, tandis que moi, je vis au rez-de-chaussée, même si durant mes inspirations nocturnes, je monte souvent l’escalier pour la rejoindre dans ses aventures échevelées.
Ça ne s’est pas fait tout seul ni sans douleur. Il m’est arrivé pendant de longs mois de laisser moisir Wang-Ka au grenier, tant elle avait des côtés qui m’étaient insupportables ! Eh oui, le Côté Obscur de la Force, ce n’est pas toujours joli-joli…
Mimi a fait de même avec Délian-Ka dont les (més)aventures lui pesaient aussi.
Mais comme je suis dotée d’un esprit singulièrement obstiné et que ma vie a toujours été une lutte de tous les instants contre ce Côté Obscur, je suis arrivée à le maîtriser, au fur et à mesure, petit à petit.
Mimi, de son côté, fait la même chose.
À présent, depuis l’été 2008 nous nous sommes nous-mêmes, telles que nous sommes ici-bas, mises en scène dans notre propre saga, et nous nous retrouvons au sens littéral du terme, les grains de raison dans toute cette folle équipée spatio-temporelle…
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Mimi...

Et nous imaginons parfois des explications au sommet entre nos anciens nous-mêmes et nos nous-mêmes actuels, ce qui ne manque pas de saveur, bien souvent.
Comment et pourquoi les raisons des affres créatives qui nous font parfois hésiter à écrire et dire ce que nous ressentons profondément sur nos disques durs respectifs ? Par peur de nous fâcher réellement ici-bas. Idiot, certes, mais réel et profond malaise.
Et quand ici-bas, un conflit nous oppose, nous tentons, sagement, de le résoudre à travers nos écrits, donc, il est logique que l’inverse arrive aussi.
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... et moi !

Si je n’hésite pas à laisser s’exprimer mes délires, Mimi craint d’aller trop loin. Il est vrai que moi-même, quand j’écris un passage où je sens que ça dérape, je préfère la prévenir, mais malgré toutes les précautions que je peux prendre, ça lui fait mal, bien malgré moi !
Alors, je le dis et le répète, ce qui se passe dans le grenier, se passe dans le grenier, point final ! Évidemment, quand il y a des gouttières dans le grenier qui finissent par inonder toute la maison, ce n’est pas joyeux, d’où l’intérêt que nous avons eu à nous mettre en scène nous-mêmes dans cette histoire, car nous sommes, tant Mimi que moi, deux rationalistes forcenées malgré tout, et nous avons à cœur de faire la part des choses. Elle imagine souvent, tout comme moi, que les interventions de nos ego actuels parviennent à remettre de l’ordre devant les errements et les questionnements de nos moi anciens !
Compliqué et tordu, certes, mais très clair quand on comprend que nous avons imaginé que les Explorateurs du Temps, lassés des errements de certains de leurs membres rétros aux caractères un peu trop bien trempés, ont décidé de ramener du vingt-et-unième siècle les incarnations futures des deux principales héroïnes, afin de les aider à réguler les tensions pouvant se faire jour.
Curieusement, cela marche plutôt bien, car étonnamment, entre les personnages préhistoriques entiers et pas franchement commodes parfois, et les réincarnations, les explications se font quasiment sans heurts, et les premières se rendent souvent à la raison grâce aux secondes.
Pourquoi cette longue explication tordue ? Parce qu’actuellement, Mimi doit relater ce qui se produit lors de l’été 3008 de notre saga, moment où Wang-Ka a pété le silex et a foutu un bordel monstre en virant Délian-Ka et Maïn son mari, ou plutôt en les éloignant de leurs refuges habituels, sous la pression de basses manipulations dont elle était la victime, ces basses manipulations exacerbant ses mauvaises tendances à la paranoïa et à la mégalomanie.
En effet, j’ai écrit la chose vue du côté de Wang-Ka et de mon moi actuel mêlé de façon tordue à cette saga, mais je crois que le récit, sincèrement, gagnera en profondeur et intensité avec l’apport des points de vue et des ressentis de Délian-Ka et de Mimi. Je comprends les atermoiements et hésitations de Mimi qui a peur, en écrivant ce qu’elle a sincèrement ressenti et éprouvé lors de ce passage difficile, de se fâcher vraiment contre moi, ce qui serait effectivement mérité, mais je la sais suffisamment intelligente pour faire comme moi la part des choses et la faire faire à ses personnages aussi, même si ce fut, pour eux, un passage difficile.
Bah, c’est à charge de revanche, je pense bien qu’un jour ou l’autre, elle aussi écrira des moments où Wang-Ka en prendra plein sa gueule poudrée d’éphélides ! On l’a déjà fait, on peut le refaire.
Et notre amitié n’en a pas souffert pour autant. De toute façon, une vraie amitié n’existe pas sans conflits ni divergences d’opinion, et si nous étions toujours du même avis sur tout, nous finirions par ne plus nous supporter non plus ! Il est donc normal que nous ayons des divergences, elles sont le sel de l’amitié et de la vie.
Mais c’est vrai que sensible et délicate comme elle l’est, Mimi a peur d’oser dire les choses, ce en quoi elle a tort, car rien n’est pire que les non-dits. Et si dire des horreurs sur Wang-Ka lui fait peur, qu’elle se rassure, je comprends très bien que cette peste rouge paléolithique le mérite bien, tout de même !
Et que cela n’interfèrera en rien avec mon quotidien, car cette histoire n’est en rien une aliénation pour moi, plutôt un défouloir, et un moyen idéal pour positionner mon questionnement sur la vie en général et les leçons qu’elle nous apporte. Une psychanalyse par l’écriture, en quelque sorte. Comme je ne suis pas parfaite, loin de là, même, cela me permet de mieux voir mes nombreux défauts et de mieux apprendre à juguler ces mauvaises tendances de ma personnalité quelque peu bordélique et tourmentée, c’est le moins que je puisse dire.
Je ne suis pas toujours fière de ce que j’écris, et les agissements de mes personnages m’échappent bien souvent. Mais il paraît que c’est justement quand on lâche la bride à son imaginaire et ses sentiments qu’on crée le mieux. Je le crois volontiers, même si ce passage que j’ai écrit sur cet été 3008 ne me rend pas vraiment fière de moi, c’est le moins qu’on puisse dire, d’ailleurs, je déteste relire ce passage, c’est dire si je me fais horreur, parfois !
Seulement, ce que j’ai écrit fait partie de ces mauvaises tendances de ma personnalité, et je reconnais malgré tout, que ces mauvaises tendances s’estompent avec l’âge, la maturité, le cheminement personnel que je fais depuis bien longtemps à présent. J’avoue même avoir atteint une certaine sérénité à ce niveau-là, que j’espère Mimi atteindra bientôt. Donc, Mimi, n’aie crainte à faire dire à Délian-Ka et ton doppelganger littéraire tout ce qui t’es passé par la tête à la lecture de ce que moi j’ai pu écrire et ressentir pour ce passage-là !
C’est vrai que les pauvres Maïn et Délian-Ka en ont quand même pris plus que plein la poire, là. Ce qui est arrivé ensuite à Wang-Ka était le juste châtiment de ses méfaits et de sa néfaste personnalité !

3 commentaires:

Mimi a dit…

Voilà une tirade tout à fait intéressante et que je pourrais relier à mon Mimizdrimz afin que d'éventuels lecteurs comprennent la teneur de ce blog. Je ne suis pas sûre, cependant, que ces explications puissent passionner les foules ou être comprise de tous. On va encore passer pour des folles furieuses mais comme j'ai décidé que je n'avais strictement rien à cacher quel que soit le sujet, je ne t'en veux nullement d'avoir pris l'initiative d'écrire ça ici même si ça fait un peu déballage en place publique.

Si j'hésite à écrire le passage que j'ai à l'esprit ce n'est pas parce que j'ai peur. Je sais, et tu sais aussi, que ton personnage va en prendre pour son grade et que ton "moi" actuel va forcément en récolter des dommages collatéraux. Or, tu sais à quel point j'ai horreur du conflit. Pour cette raison, moi aussi, je déteste relire ce passage dont la découverte m'a été très désagréable et dont la relecture ranime systématiquement en moi bon nombre de colères et de rancoeurs. Je ne peux m'empêcher de penser que si tu fais dire à Wang-Ka des horreurs sur Kanou, si tu fais en sorte que la rouquine malmène la blondinette, c'est une façon déguisée de me faire comprendre ce que tu pense véritablement de moi et de quelle manière tu aimerais me traiter.

Je vais pourtant devoir m'y replonger, dans ce dialogue, histoire d'être raccord avec ce que tu as écrit et donc, les barrières de civilité que j'ai péniblement érigées pendant près de 14 mois (au fait, merci à ce cher Sébastien Tellier dont le concert à l'Olympia a été l'occasion d'une diversion particulièrement opportune et bienvenue !)vont céder sous la pression et ce que je vais écrire risque sérieusement d'être "sanglant" (au sens figuré, je te rassure !).

Voilà ! Je venais sur ton blog pour me détendre après une réunion houleuse et je découvre que notre entretien sur MSN hier soir t'a fait passer une sale nuit ! Dire que je n'ai encore rien écrit ! Et tu voudrais que je m'y mette ! Tu comprendras que j'hésite !

Tinky a dit…

Ma chère Mimi,
Tout comme toi, j'ai horreur du conflit, ça paraît étonnant, mais c'est pourtant vrai. En fait, si j'exprime ce côté Mrs Hyde au travers de Wang-ka, c'est, je crois bien, parce que justement cette violence que j'ai toujours eue en moi me fait peur et que cet intempestif personnage malhabile et parfois très bête, soyons honnêtes, est le meilleur moyen pour moi de l'évacuer, sans que ce qui m'entoure ici bas n'en ait à souffrir.
Rassure-toi, même si ça paraît étonnant, je n'irai jamais te traiter aussi mal que ce que Wang-Ka traite Délian-Ka, et encore heureux ! De toute façon, quelque part, Wang-Ka ne vaut pas mieux que le Feydda d'Emmanuel Roudier, le grand méchant
de sa saga sublime "Neandertal", et si j'ai si bien défini et cerné son personnage, c'est bien parce que je l'ai ressenti exactement comme je ressentais Wang-Ka au départ où elle commençait à hanter mon inconscient. Comme quelqu'un de profondément blessé, détruit, devenu méchant bien malgré lui, à force de souffrances et d'humiliations.
Ce que j'aurais pu devenir ici aussi, et que je me refuse d'être car c'est stupide et vain, et totalement destructeur. Or, justement, j'en ai assez de ce côté vain et destructeur, et ce personnage de Wang-Ka vit aussi des affres épouvantables, conséquences, le plus souvent, de ses propres erreurs et actes négatifs.
Ce que j'ai vécu ici bas comme expériences de la vie, et ma démarche pour tenter de mieux agir envers moi et les autres, j'essaie de l'appliquer à présent aussi à cet univers parallèle et créatif, et je pense que ce personnage de Wang-Ka finira enfin, après encore pas mal d'avatars, par s'arranger.
De toute façon, quand elle fait une grosse ânerie, par la suite, elle reçoit toujours une amère leçon tôt ou tard pour la lui faire payer et regretter, tant il est vrai que le mal qu'on fait vous retombe dessus, tôt ou tard.
Alors, Mimi, je n'entrerai pas en conflit avec toi, car ce serait vraiment stupide, d'autant que malgré tout, il en est ressorti de belles choses positives, de cette histoire, de notre amitié, et de cette écriture !
D'abord, nous avons toujours eu raison d'imaginer ces préhistoriques de Néanderthal comme des êtres sensibles, intelligents, tourmentés, à l'instar de ce que nosu sommes nous-mêmes, et ensuite, des les imaginer beaux dans leur genre, n'en déplaise aux fâcheux, tout simplement parce que la différence n'est pas une infériorité.
Malgré les tourments que vivent nos personnages respectifs, notre œuvre est une ode à la tolérance, à la différence, et à l'acceptation de cette dernière, au moyen de la vivre au mieux sans pour autant s'exclure du monde qui entoure nos drôles d'héroïnes, et tout ceci est un panégyrique de la condition et de la dignité humaine, tout simplement.
Imaginer que nos personnages vivent des situations terribles n'implique pas que nosu devions les vivre nous ausi, et encre moins que je voudrais que tu vives les mêmes tourments que ceux que vit Délian-Ka lors de ce passage !
Justement, pour moi, désamorcer un conflit éventuel passe par cet exutoire qu'est l'écriture et l'évacuation de toute cette colère en moi qui me pousserait à détruire tout ce que j'aime ou du moins, à bien l'abîmer. Car j'ai cette tendance en moi, et j'ai mis très longtemps à l'admettre. C'est lors de la rédaction de ce passage que je l'ai découvert, et j'avoue que j'en ai été très mal par la suite. Très mal d'un côté, mais soulagée de l'autre de l'avoir enfin admis et reconnu, ce qui le désamorce d'autant plus.
Donc, n'aie pas peur de t'exprimer, je suis tout ouïe et prête à recevoir la tempête que je mérite de récolter pour avoir semé le vent du désordre !
Bises à part ça,
Tinky, un navrée de t'avoir pourri ta journée, là !

Air fou a dit…

Je n'arrive pas à tout lire de vos commentaires, les filles, j'ai l'impression d'être une intruse.

Ce ne sont que des personnages!!! Dans chaque personne il y a des forces qui feraient dresser les cheveux à quiconque et à soi-même. C'est l'imaginaire. Dans l'amour, il y a aussi des pulsions de vengeance, de destruction, c'est ainsi! pas seulement en amour...

Il ne faut pas mettre sur le même pied imaginaire et réalité, analyser ces manifestations de pulsions avec les mêmes outils logiques et rationnels! Ce n'est surtout pas ça la psychanalyse.

L'écriture à deux ce n'est pas évident. Il est important de bien délimiter son champs d'interaction afin d'éviter les glissements inévitables vers des interprétations qui malmènent nos sentiments.

Cooool!

Quand l'enfant, en phase œdipienne rêve de tuer le parent qui le prive de l'amour de l'autre, c'est de l'ordre du fantasme. Point. On ne contrôle pas ses fantasmes et on en a tous et toutes, c'est sain! Des espèces de zones tampons...

Ce qu'on contrôle c'est juste ce qu'on fait avec dans la réalité, à conditions que les balises soient bien claires. Faut pas trop aller jouer dans les interstices dangereux, surtout quand on est sensible à l'autre.

Zed ¦D