lundi 14 juillet 2008

Code Lyokô #7

Et voilà enfin la fin du commencement de la suite de la continuation !!!
Nos amis continuent leur lutte, et triomphent, enfin !!!

Pitch pour la Saison 5 #2 :
Xanassic Park (fin).

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Derrière les brontosaures suivaient, un peu plus petits, mais bien plus redoutables, les T-Rex, en rangs serrés qui se rejoignaient en tenaille, pour encercler Kadic et la vieille usine. Au-dessus d’eux, tels les monstres de l’Apocalypse, planaient les vols lourds des Rhamphorhynchus et ptérodactyles…
À Kadic, toute la vie du lycée-collège s’était réfugiée dans les sous-sols… On avait rouvert des passages souterrains inutilisés depuis la seconde guerre mondiale, qui avaient servi d’abris anti-aériens, et comme il n’y avait rien à faire d’autre qu’attendre, les cours avaient repris dans ces souterraines conditions, les bêtes, au-dessus, ayant pris possession du parc, du stade et des cours de l’établissement… La grande fosse creusée dans le bois avait été vite remplie et elle n’avait pas suffi à dissuader les sales bêtes d’approcher. Les cadavres des derniers vélociraptors pris dans les collets avaient servi d’en-cas aux T-Rex, tandis que les feuillages des arbres centenaires de la forêt avaient fourni un fourrage momentané aux brontosaures qui, là, gémissaient de faim en des meuglements de cauchemar, bien plus puissants que la plus forte des cornes de brume !
Du côté de l’Île Seguin, les choses étaient moins dramatiques, même si l’usine était surveillée de près par les reptiles volants. Certains nichaient, même, dans la Salle Cathédrale dont l’entrée était tout juste assez large pour leur envergure déployée.
Mais les rusés Lyokoguerriers, pour rejoindre la console principale du Supercalculateur et les scanners y allèrent des sifflets et des tambours improvisés sur des boîtes de conserve ou des casseroles empruntées à la cantine, Rosa les leur ayant prêtées sans remords, morte de terreur qu’elle était, la pauvre femme ! D’ailleurs, dans les souterrains, ils avaient découvert des cuisines, des commodités et tout un tas d’aménagements divers construits par les nazis ou les résistants pendant la guerre, qui étaient encore en état de fonctionner et qui leur permettaient de vivre dans des conditions relativement confortables.
En quelques heures et en faisant le plus de bruit possible pour éloigner les monstres qui, heureusement détestaient ça, tous les lycéens avaient ramené leurs affaires et les provisions de la cantine pour les rapporter dans les souterrains et installer de sommaires dortoirs à proximité de la vaste cuisine et de la chambre froide toujours fonctionnelles qui se trouvaient là !
En surface, c’était le chaos le plus total. Les villes de Boulogne et de Sceaux étaient totalement rasées, et elles étaient devenues les royaumes des monstres d’outre-temps ! Des milliers de réfugiés avaient fui à la campagne dans leurs résidences secondaires, et Monsieur et Madame Ishiyama, depuis Kyoto, assistaient avec effroi aux calamités qui s’abattaient sur la France, craignant le pire pour leurs enfants car il leur était désormais impossible de les joindre !

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Hiroki, grand fan des films de Gojira, avec l’insouciance des gamins de son âge, observait ce qui arrivait avec un intérêt tout à fait malsain. Il fallut que Yumi sévisse pour le ramener à la raison :
«- Écoute, Hiroki ! Là, ce n’est pas du cinéma, c’est REEL ET DANGEREUX ! Alors, tu ne sortiras d’ici sous aucun prétexte, c’est clair ?
- Mais sœurette, et où vous allez, tes copains et toi, et même les cavernicoles, quand vous disparaissez pendant des heures ? demanda le garçon.
- C’est un secret ! dit fermement Yumi.
- Ah ! C’est toujours la même histoire, avec toi ! Avant, je croyais que c’était parce que tu étais amoureuse d’Ulrich et que Papa voyait ça d’un sale œil puisque tu étais promise à un cousin de Tokyo, mais si c’est ça, pourquoi les autres vous suivent ? ? ? insista le morpion.
- Écoute, Hiroki, si je te disais que Jérémie est un génie capable de sauver le monde grâce à un ordinateur très puissant qui a créé un monde virtuel qui interagit avec le monde réel et dans lequel nous partons nous battre pour lutter contre le programme fou qui envoie des monstres préhistoriques à travers le temps pour dominer le monde, est-ce que tu me croirais ? fit Yumi, de guerre lasse.
- Heu… T’es sûre d’aller bien, là ? C’est Odd, qui t’a raconté le scénario d’un de ses derniers films ? fit le petit Japonais, sidéré.
- Non, Hiroki, c’est la vérité, et ça fait trois ans que ça dure ! Le problème, c’est que le programme fou devient de plus en plus puissant, et, cette fois-ci, je ne sais pas si nous en sortirons vainqueurs ! expliqua fermement Yumi.
- Ben ça, alors ! Fichtre de fichtre ! lança le petit, éberlué.
- Voilà toute l’histoire, Hiroki. Je ne sais pas si je te reverrai un jour. Mais sache que, même si tu es une vraie peste, je t’aime bien quand même ! Adieu, Hiroki, il faut que j’y aille ! C’est ma mission, pour toute l’humanité entière, je n’ai pas le choix ! dit doucement Yumi, caressant gentiment la joue rebondie de son petit frère bouleversé.
- Yumi ! Attends ! Tu es sûre qu’on peut pas t’aider ? demanda le petiot.
- Hiroki, dans cette lutte, déjà deux de nos amis ont disparu on ne sait où et quand. Ce sont les compagnons de Wang-Ka et de Délian-Ka. Ça suffit, tu ne crois pas ? Des centaines de gens ont été blessés ou sont morts. Il vaut mieux qu’il y ait le moins de dégâts possibles, non ? Alors, laisse-nous faire tranquillement ! Je suis désolée, petit frère, mais je n’ai pas le choix ! Dis à Maman et Papa que je les aime, mais que je préfère mourir aux côtés d’Ulrich et de mes amis que d’épouser cet idiot de Ryochi ! ! !».
Ulrich avait entendu les dernières paroles de son amie, et il comprenait enfin la raison de toute sa réserve ! Pauvre Yumi ! Promise, dès son plus jeune âge, à une union qui, visiblement, ne l’enchantait guère, et déchirée entre son amour pour lui et l’obéissance à ses parents ! Il comprenait tout, et il était très malheureux pour elle ! Maudites traditions nippones ! En fait, les Japonaises n’étaient pas des femmes libres, loin de là ! Le carcan des traditons les enserrait tout autant que nombre d’Orientales ou d’Africaines et d’Indiennes ! S’il l’avait su ! S’il l’avait compris ! William et lui avaient été deux beaux idiots !
En attendant, accablé par ce qu’il venait d’apprendre, et bourrelé de remords et de culpabilité pour avoir ainsi tourmenté la jolie jeune fille, il s’éloigna pour rejoindre ses amis qui l’attendaient à l’entrée des égouts bien plus facile et moins dangereuse à atteindre depuis les souterrains ! Yumi les rejoignit bientôt, et ils remontèrent dans la Salle Cathédrale, faisant un chahut de tous les diables, pour éloigner les reptiles volants qui s’envolèrent à grands cris, et ils prirent en courant le passage du corridor qui jouxtait le regard par lequel ils étaient passés.
Dans la salle de l’ordinateur de contrôle, Salammbô attendait, hiératique et toujours aussi belle.
«- J’ai de bonnes nouvelles ! Le réseau intertemporel des ordinateurs QZ 34 a détecté où se trouvait l’ordinateur xanatifié ! annonça l’hologramme, dès qu’ils entrèrent.
- Ah ! Et où est-il ? demanda Jérémie.
- Dans l’ère secondaire ! Ce sont les ordinateurs des bases intertemporelles installées là-bas qui ont détecté ses ondes quantiques ! dit la voix de Franz Hopper, dont le visage barbu et fatigué s’afficha sur l’écran principal.
- Et… Maïn et Anaïak, sait-on où ils sont ? demanda Wang-Ka, devenue pâle comme la craie.
- Maïn et Anaïak sont encore translatés. Nous avions amélioré le programme de façon que la translation soit alimentée par l’énergie cosmique, et donc, de durée indéfinie, si besoin était ! Elle ne peut être arrêtée que si on lance l’ordre de détranslation depuis la console principale du Skid ! expliqua Franz.
- Mais, Papa, ils doivent être épuisés ! fit Aelita, horrifiée.
- Non, car virtualisés comme ils le sont, c’est comme sur Lyokô, ils ne sentent ni faim, ni soif, ni fatigue. Autant dire qu’ils sont immortels ! rassura Franz.
- Oui, mais s’ils combattent un monstre plus fort qu’eux, ils ne se détranslatent pas ? demanda Jérémie.
- Ils sont prudents, car le maillage intertemporel de nos ordinateurs n’a détecté aucune trace de ce genre d’action ! Ils sont indemnes et vivants, rassurez-vous ! Les gars des bases de l’ère secondaire sont partis à leur recherche et ne vont pas tarder à nous les expédier via les portes intertemporelles ! Par contre, à votre époque, ça ne va pas fort ! Aelita, il faut à tout prix que tu désactives la tour de l’autre Réplika qui a été activée. Éventuellement, quand vous aurez atteint ce Réplika, vous pourrez détranslater vos amis et les récupérer avant de désactiver la tour ! J’espère que, cette fois-ci, les animaux d’outre-temps disparaîtront de votre monde ! Jérémie, pour une fois, tu iras avec eux, car, depuis le Skid, tu pourras mieux agir ! dit Franz.
- Mais, Franz, j’ai horreur de ça, et en plus, virtualisé, j’ai fait rire tout le monde ! fit le pauvre génie, complètement confus.
- Le ridicule ne tue pas, les vélociraptors et les autres bestioles, si ! Allez, file aux scanners, Salammbô est capable de programmer toute seule la virtualisation de tout le monde ! rit le savant.
- Jamais je n’aurais dû rallumer ce maudit appareil ! ! ! maugréait Jérémie dans la barbe qu’il n’avait pas encore.
-Ah oui ? Si tu ne l’avais pas fait, nous n’aurions jamais pu redevenir réels et vivants, mon père et moi, et je ne vous aurais jamais connus ! Jérémie, tu n’as pas à regretter ce que tu as fait ! Allez ! Du cran ! On descend !».
Les neuf jeunes gens descendirent donc dans la salle des scanners. Niya, Jérémie et Aelita passèrent en premier, suivis par Yumi, Ulrich et Délian-Ka, tandis que Wang-Ka, Kaïra et Odd passaient en dernier.
Ils se retrouvèrent tous dans le Cinquième Territoire, directement, et n’eurent qu’à aller au garage situé à proximité de la Voûte Céleste pour rejoindre le Skid.
Le look de Jérémie sur Lyokô avait effectivement quelque chose de pathétique et d’encore plus baroque et ridicule que celui d’Odd… En effet, le pauvre petit génie, qui était quelque part un vrai extraterrestre pour ses amis, eh bien là, se payait l’allure d’un jeune Klingon tout droit sorti de Star Trek ! Finalement, ça n’était pas plus mal, les Klingons étant définis dans la mythique série qu’adorait Jérémie comme étant très costauds et teigneux, mais diantrement intelligents aussi… En tout cas, la chose amusa grandement tout le monde ! Parce que Jérémie, malgré tout, était resté un grand trouillard, ce qui faisait désordre, pour un Klingon ! Le pauvre n’était pas franchement à l’aise, dans sa nouvelle carcasse bien plus puissante et grande que celle qu’il avait au départ !
Ils s’installèrent sur les plots de matérialisation, et se retrouvèrent tous à bord du Skid II. Aelita prit les commandes, et ils sortirent de la Sphère de Lyokô pour plonger dans l’Océan du Galactonet, encore plus immense que celui du Web…
Un holoweb s’afficha soudain au centre de la passerelle. Le Réplika se trouvait assez loin, tant dans le réseau que dans le temps, et, comme ils étaient dans un monde virtuel géré par la physique quantique, le temps n’existait pas, aussi entrèrent-ils dans la console de commandes les coordonnées qui s’affichaient sans plus d’inquiétude que ça. L’Océan du Galactonet était bleu dans le secteur qu’ils quittaient, mais à la sortie du hub à ultra haut débit qu’ils allaient prendre, ils se retrouveraient, probablement, dans un océan de sang !
La traversée du hub dura un instant ou une éternité, et ils ressortirent en effet dans des eaux écarlates, attendus par toute une ribambelle de monstres plus laids, gros et méchants les uns que les autres ! Mégakalmars, Kalmars, Rekins et Kongres se pressaient autour du Skid comme des charognards autour d’une belle carcasse ! Mais la nouvelle version du Skid était bien plus solide que la première, et même s’ils furent un peu secoués, le vaisseau n’eut aucun dommage sévère ! Les Kalmars tentèrent bien d’en percer la coque, mais leurs vrilles se brisèrent, sans avoir éraflé le revêtement étincelant ! Sur la console de commandes, Jérémie avisa un bouton qu’il ne connaissait pas, et il demanda, étonné, à quoi il pouvait bien servir.
«- Ça, c’est la petite idée qu’a eue mon pote Anaïak, qui adore Jules Verne ! rit Niya.
- Oui, mais encore ? demanda Jérémie.
- Eh bien, dans « Vingt mille lieues sous les mers », Nemo chasse de la proximité du Nautilus monstres et Papous trop curieux à l’aide d’un très intense champ électrique… Ceci en est l’équivalent ! Vas-y ! riait Niya.
- Vous avez vraiment des sources d’inspiration inattendues ! dit Jérémie, étonné.
- Eh oui, il faut dire que nous avons eu le loisir d’en apprendre et d’en découvrir, des trucs pas ordinaires ! Au fait, où sommes-nous, là ? demanda le Néanderthalien, amusé.
- Toujours sur Terre, mais en plein Jurassique, et en Asie ! Enfin, je crois que c’est le Jurassique, il y a écrit 150 000 000 BC ! dit Odd, regardant la représentation 3D de la Terre qui avait remplacée l’holoweb !
- Alors, on va peut-être pouvoir récupérer nos copains ! Hé ! Maïn, Anaïak, nous entendez-vous ? lança Délian-Ka, dans le micro du communicateur.
- Bon sang ! ! ! Kanou ? C’est bien toi ? Enfin ! ! ! répondit la voix de Maïn, faible et un peu hachée par un quelconque parasite.
- Où êtes-vous ? demanda la pâle Néanderthalienne.
- En plein cauchemar ! répondit Maïn.
- Et Niouk, pourquoi ne répond-t-il pas ? s’enquit à son tour Wang-Ka, arrachant le micro des mains de Délian-Ka qui lui lança un regard furieux.
- Il est KO ! dit Maïn.
- KO, comment ça, KO ? s’insurgea la rouquine, devenant livide.
- Ben, un ptérodactyle a tenté de lui faire la bise ! Il a riposté en tentant de le pétrifier, mais l’autre, d’un coup d’aile, l’a expédié dans les décors, et il dort depuis ! dit Maïn.
- D’accord ! On va d’abord s’amarrer dans le Réplika qui est là, et on vous récupère ! dit Aelita.
- Merci, faites vite, car ces sales bêtes en ont vraiment après nous ! Nous nous sommes planqués dans… », La voix du Néanderthalien blond vénitien se perdit dans les parasites.
En toute hâte, ils entrèrent dans le Réplika et amarrèrent le Skid à une tour que Jérémie activa à leur profit depuis le tableau de bord du Skid. La tour activée était sur un autre des Territoires du Réplika, que le génie au look ravagé de Klingon baptisa Lyokô ter.
Car ce Réplika-là aussi était une copie conforme de Lyokô dans son intégralité, ce qui traduisait clairement l’énorme puissance acquise par ce maudit Xana !
Mais ils avaient le temps pour désactiver la tour, d’abord, il fallait récupérer Maïn et Anaïak ! Jérémie parvint à rétablir la liaison avec eux :
« - Bon, vous m’entendez ? On vous récupère ! dit-il. Détranslation Anaïak, détranslation Maïn !».
Bientôt, les deux Néanderthaliens de pierre et d’eau se matérialisèrent dans les Navskids qui leur étaient dédiées. Jérémie attendit qu’ils récupèrent un peu, avant de les matérialiser sur la passerelle.
Enfin, les deux jeunes hommes apparurent, et retrouvèrent avec émotion leurs amis et leurs compagnes. Ils racontèrent alors leur folle aventure.

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«- On n’a pas pu démolir le supercalculateur vérolé ! dit enfin Anaïak, car il s’est planqué dans une dimension parallèle ! Et nous n’avons pas pu l’y suivre ! Enfin, je crois que c’est une dimension parallèle, parce que cette saleté d’engin continue à influer sur l’univers, mais il est devenu invisible ! C’est à devenir fou !
- Et s’il avait simplement un écran de camouflage ? proposa Jérémie.
- Mouais, possible ! En tout cas, impossible de le trouver ! C’est tout de même un peu fort ! Et il doit avoir une sacré alimentation autonome, pour être parvenu, grâce à l’énergie quantique, à créer son propre trou de ver et se déplacer où il veut, et quand il veut ! Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il ait surestimé son autonomie et qu’il reste coincé définitivement dans l’ère secondaire ! Mais il va falloir translater tout le Skid dans le passé pour trouver où il est exactement, avec les détecteurs qu’on a ici ! dit Anaïak.
- Le problème, c’est que Xana utilise les capacités de ce supercalculateur, et un supercalculateur ne se trompe que très rarement sur ses possibilités d’alimentation et d’autonomie ! dit Aelita. Et… J’ai bien entendu ? Tu as dit qu’on pouvait translater TOUT le Skid dans l’univers réel ? Mais comment est-ce possible ?
- Nous répondons aux lois de la physique quantique, et autant dire qu’on peut tout faire, dans un univers quantique ! Même créer un truc matériel à partir de données virtuelles ! Comment crois-tu que Jérémie ait pu vous ramener, ton père et toi ? souriait le Néanderthalien.
- Non mais j’y crois pas ! Un tailleur de silex qui nous parle de mécanique quantique comme s’il s’agissait de parler d’une chasse au mammouth ! fit Odd, sidéré.
- Ah mais je peux aussi te raconter de bonnes chasses au mammouth, si tu veux, mais là n’est pas le propos ! Si je dis qu’on peut matérialiser ce vaisseau hors de l’univers quantique et virtuel de Lyokô, c’est qu’on peut le faire ! Je le sais, c’est moi qui ai programmé ça avec l’aide de Franz qui était tout aussi surpris que toi ! Et qu’est-ce que tu crois ? Que nous sommes restés à tailler des silex, dans la base intertemporelle ? Eh bien non ! Je suis peut-être né dans une caverne, mais je n’en ai pas dans la tête, des cavernes ! Je n’ai pas la gueule de l’emploi, je sais, ni un très grand front d’intellectuel, mais j’ai eu l’occasion d’apprendre bien des choses, et j’adore l’informatique et la physique quantique… Nul n’est parfait ! dit Anaïak, amusé.
- Moi, j’ai fait des études sur le tas, pour l’informatique… En fait, les Silniens, des extraterrestres pas extra du tout, m’avaient transformé en mémoire annexe d’ordinateur, en me branchant directement la cervelle sur une de leurs machines. Ils m’avaient camé comme un junkie, pour que je ne me révolte pas et utiliser pleinement mes pauvres neurones, mais comme dans ma tribu, au départ, je suis chaman, leurs drogues ont fini par ne plus faire effet… J’ai récupéré entièrement ma conscience, dans la cuve où j’étais en train de croupir, branché sur un tas de sondes et d’électrodes ! Quand j’ai découvert que je pouvais voir et sentir des tas de choses par l’intermédiaire de la machine qui jusque là m’asservissait, je me suis plongé à fond dans sa découverte, et dans la découverte de bien des choses… Les connaissances de milliers d’années, de milliers de monde se déversaient à la vitesse de la pensée dans mon cerveau, et c’est comme ça que j’ai fini par me passionner pour ces machines qu’on appelle des ordinateurs et que j’ai appris à les programmer… On m’a finalement libéré de cette servitude… Ce sont les gens des bases intertemporelles qui l’ont fait, et mon savoir assez curieux a été mis judicieusement à profit ! expliqua à son tour Maïn. C’est pour ça que nous étions parfaits pour aller désactiver ce supercalculateur et mettre Xana hors combat, Anaïak et moi ! Tout Néanderthaliens que nous soyons au départ, nous avons acquis, de manière parfois franchement étrange, pour moi surtout, le savoir nécessaire ! J’ai été encore plus geek que toi, mon pauvre Jérémie, si c’était possible ! expliqua Maïn, ironique.
- Mais enfin, comment t’es-tu retrouvé entre les mains des extraterrestres, toi ? fit le jeune génie, éberlué.
- Comme les types pourris du futur, ils écumaient l’espace-temps à la recherche d’esclaves de toutes sortes… Ils me sont tombés dessus, et voilà ! Bon… Alors, que faisons-nous ? On sort d’ici et on va chercher Xana dans sa tanière ? demanda le blond préhistorique.
- Et… Tu es sûr que ça fonctionne bien ? demanda à nouveau Aelita.
- J’étais sur le coup avec Franz et Anaïak, pour la programmation de la translation du Skid dans le monde réel, et même pour sa matérialisation pure et simple ! Et nous avons vérifié et revérifié chaque octet de nos programmes plutôt deux fois qu’une ! Nous avons même fait des centaines d’essais en simulation depuis votre venue bien étrange dans notre monde, et tout était OK… On a envoyé à bord du Skid trois chats qui ont été virtualisés sans souci, matérialisé les trois chats dans le monde réel à l’intérieur du Skid qui lui aussi après une translation réussie s’est matérialisé, et nous avons récupéré les minets qui ne semblaient pas s’en trouver bien mal, au contraire ! Ils se sont mis à ronronner et à se frotter contre nous, sitôt sortis du Skid… Car oui, je ne sais pas si vous l’avez vu, mais il y a un sas, dans le Skid, tout comme des sas de secours entre la passerelle et les Navskids si besoin était ! Et comme les chats, animaux sensibles s’il en est, pétaient le feu à la fin de l’essai, eh bien, nous pouvons y aller ! expliqua tranquillement le blond préhistorique, souriant.
- Eh bien, encore plus tordu que toi, Einstein ! lança Odd, malicieux. Et même que toi, Ulrich ! Je n’oublie pas ce que tu voulais faire à mon pauvre Kiwi ! ! !
- À propos de Kiwi, on ne va pas le laisser à l’usine ! dit Jérémie.
- Quoi ? Vous voulez embarquer ce clebs avec nous ? Mais ils deviennent fous, les chiens, dès qu’ils nous voient ! Le Kiwi, il a failli me les bouffer, je vous signale ! ! ! protesta Niya. Les chiens nous détestent ! Ne me demandez pas pourquoi, mais dans le futur, ils avaient constaté que les chiens devenaient fous quand un Néanderthalien était à proximité, et ils les avaient dressés à la chasse aux préhistoriques ! Ces bêtes, pour aussi braves soient-elles au départ, tu les mets à côté d’un type comme moi, elles deviennent pires que des lions des cavernes psychopathes ! Tout ce que vous voudrez, mais pas de chiens à bord, merci ! ! ! ! acheva-t-il, pas fier, et même en pâlissant, sous les regards étonnés des jeunes de Kadic.
- Mais Kiwi n’a jamais fait de mal à personne ! se récria Odd.
- Ouais, ben si tu n’avais pas été en train de draguer Anaïs, tu l’aurais vu ! Il a fallu que Jim et le proviseur interviennent pour l’éloigner de moi à grands coups de seau d’eau ! ! ! protesta Niya. Si ce clébard siphonné monte à bord, matérialisez-moi sur ce Réplika, je me charge de tous les monstres, c’est moins risqué ! ! ! acheva le brun et pas très beau préhistorique, pas fier du tout et presque au bort des larmes !
- Bah ! Ce chien est suffisamment tordu pour finir par nous aimer un jour ! Et puis c’est le chien d’Odd qui est adorable ! On dit souvent, tel chien, tel maître, non ? rit Wang-Ka. Ça sera bien l’exception qui confirmera la règle… En plus, ça manque de mascotte, ici… Soit, récupérons le chien d’abord, on ira ensuite…».
Ainsi fut fait… Jérémie dématérialisa Odd qui alla donc récupérer Kiwi qui dormait dans la salle de l’ordinateur de contrôle.
Le jeune homme prit son chien dans ses bras, et le posa dans un des scanners tandis que lui entrait dans un autre. Jérémie avait eu, une fois de plus une excellente idée, comme nous le verrons plus loin !

26
Odd et son chien – devenu un gigantesque loup blanc !- reparurent à bord du Skid, sous les regards étonnés des autres.
«- Un loup ! Très drôle ! Dans leur imaginaire rudimentaire, les chiens se voient encore loups, ça alors ! constata Jérémie, étonné.
- Tant mieux qu’il soit redevenu un loup ! Les loups ne nous ont jamais causé d’ennuis, à nous, contrairement aux chiens ! En fait, quand on a domestiqué ces animaux pour en faire des chiens, ils sont devenus complètement siphonnés et pas mal d’entre eux sont complètement tarés depuis… Ceci expliquerait donc pourquoi ils peuvent être bien plus dangereux que les loups d’origine… supputa Niya, pensif.
- Bon. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On va le chercher, ce foutu supercalculateur ? s’impatienta Ulrich.
- Let’s go ! ! !».
Et Jérémie lança donc le Skid dans une translation homérique…
Le vaisseau se matérialisa dans un ciel lourd de nuages au-dessus d’une forêt tropicale impénétrablement touffue… Et les écrans des consoles affichèrent le signal d’alerte tant recherché ! Le supercalculateur contaminé était là, juste en dessous d’eux !
Mais les senseurs dont l’appareil était bardé signalaient aussi la présence d’un tas d’animaux rien moins que dangereux ! Durant les recherches et la mise au point d’un plan d’action, le Skid, en position stationnaire au dessus du secteur incriminé s’était retrouvé attaqué par des reptiles volants aux grands becs dentus, mais leur attaque n’avait en rien entamé la stabilité de l’appareil, qui semblait invulnérable, même dans le monde réel !
Anaïak en profita pour reprendre le récit de leurs aventures dinosauriennes, à son ami et lui.
«- En fait, quand nous avons débarqué, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec tout un tas de bestioles franchement peu rassurantes ! On a bien tenté d’utiliser nos pouvoirs de Lyokoguerriers, mais face à ces colosses, c’était comme si on voulait utiliser un chasse-mouches pour étriper un rhinocéros laineux ! Et en plus, même si le supercalculateur nous avait embarqués avec lui, on ne le trouvait plus ! Il avait disparu, et nous étions seuls, coupés du monde, au milieu de ces êtres de cauchemar ! Je crois que j’en ferai des rêves épouvantables jusqu’à ma mort, de celle-là ! dit Anaïak.
- Quand on a vu qu’on ne pouvait rien leur faire, nous sommes partis en courant le plus vite qu’on pouvait, et nous nous sommes réfugiés dans une grotte qui se trouvait pas trop loin, heureusement ! On y a passé plusieurs jours, en nous demandant comment nous allions nous en sortir, quand vous nous avez retrouvés ! ajouta Maïn.
- Eh bien ! Ce n’est pas ordinaire ! Ça y est ! Les scans ont trouvé où il était ! ! ! On va le bombarder, ça m’étonnerait qu’il résiste à nos armes ! s’exclama Aelita.
- Soit ! Allons-y !».
Et les armes du Skid entrèrent donc en action… Elles ne firent que faire fuir les animaux et cramer la forêt… Le supercalculateur, lui, ouvrit un vaste vortex et s’y engouffra, entraînant à sa suite le Skid, vers l’inconnu !
Soudain, la machine folle s’arrêta… Au milieu d’un néant où n’existaient même pas les étoiles… Et quand Odd regarda la date qu’affichait l’holomap qui n’affichait rien d’autre, il fut horrifié :
«- Non ! C’est pas vrai ! On est carrément à moins seize milliards d’années, les gars !
- Quoi ? Mais c’est carrément l’âge de l’Univers ! Le Big Bang ! se récria Jérémie, épouvanté, de la sueur rosée dégoulinant sur les étranges aspérités de son grand front osseux de Klingon.
- Et visiblement, nous sommes arrivés AVANT que ça ne commence ! Il n’y a rien, là, dehors ! dit Aelita, effarée.
- Attendez, vous voulez dire que cet ordinateur dément nous a amenés à l’origine et à la fin de tout ? fit Ulrich, éberlué.
- Ben on dirait bien, oui ! déclara Yumi, fascinée.
- Et si on le fait péter ? s’enquit Délian-Ka.
- On fait tout péter… Cette soupe cosmique en devenir n’a besoin que d’une étincelle pour se structurer en un espace-temps einsteinien ou quantique ! dit Jérémie, pâle comme la mort.
- Alors, on est coincés ? À surveiller ce machin pour l’éternité ou une seconde ? s’enquit Wang-Ka.
- Ben, si on ne se détranslate pas, oui ! dit Aelita.
- Et si la détranslation entraînait tout le processus ? s’enquit Odd. Bonjour l’omelette !
- Bon sang, qu’est-ce qu’on peut faire ? demanda à son tour Kaïra.
- J’ai une théorie, qui vaut ce qu’elle vaut. Ici, nous sommes dans un univers situé AVANT le Big Bang et l’origine du temps, de l’espace tels que nous les connaissons et définissons, que ce soit de façon euclidienne, einsteinienne, ou quantique… Autrement dit, dans une situation qui N’EXISTE PAS ! dit Jérémie.
- Euh… Là, chuis perdu ! fit Ulrich.
- Mais non ! C’est logique ! Nous avons remonté le temps avant que l’univers n’existe. Donc, nous sommes dans un univers qui n’existe pas, pas encore du moins… Et notre ordinateur xanatifié ne va pas tarder à constater le ridicule de la situation et l’illogisme de cette proposition… L’absurde, pour autant que soit puissant un ordinateur, est une solution à laquelle il n’est pas préparé, ni programmé… Donc, puisqu’il ne peut exister dans cette optique-là, il fera tout pour obéir à la logique… Puisqu’il n’existe pas normalement, il ne devra plus exister… Et il va s’autodétruire, et détruire Xana avec lui ! déclara, triomphant, Anaïak.
- Mais… S’il s’autodétruit, il va créer un chaos et un désordre tels que ça pourrait déclencher le Big-Bang ! réalisa Jérémie.
- Peut-être pas. C’est un ordinateur quantique. Il va donc rallier une solution quantique pour disparaître définitivement. Une implosion en un minuscule trou noir, par exemple ! Une mort tout ce qu’il y aura de propre et silencieuse ! dit Aelita.
- Euh, même virtualisé, j’ai un sacré mal de crâne, là ! ! ! dit Odd.
- Moi aussi ! renchérirent Yumi, Ulrich, Niya et Kaïra en un chœur touchant.
- Et s’il disparaît, il va entraîner logiquement la disparition des perturbations qu’il aura causées dans l’espace et le temps ! dit Wang-Ka, se grattant furieusement le scalp, au risque de se faire un trou dans le crâne !
- Ben oui, c’est ça, et à mon avis, il n’y en aura pas pour longtemps avant que ça n’arrive !».
Via les senseurs externes, on vit soudain l’ordinateur fou devenir de plus en plus petit, et puis disparaître… Et tout d’un coup, ils se retrouvèrent tous sur Lyokô, arrimés à une tour non activée !

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«- Mais… On est revenus à notre point de départ, là ! Je n’y comprends plus rien ! dit Ulrich.
- Ce n’est pas l’ordinateur squatté par Xana qui a causé le Big-Bang… Ça a été nous, en nous déplaçant dans l’univers des possibles, tout d’un coup ! Enfin, logiquement, ça devrait être ça ! dit Jérémie.
- Oui, mais qui te dit que l’univers que nous avons créé est le même que celui que nous venons de quitter ? s’enquit Aelita.
- Nous sommes remontés à l’origine de tout… Et les balises quantiques, les traces que nous avons laissées, comme une piste derrière nous, nous les avons suivies dans l’autre sens… Donc, nous sommes revenus sur nos pas, en quelque sorte, et donc, l’univers que nous avions quitté est bien celui que nous avons retrouvé ! dit Jérémie.
- Ouais, ben c’est pas tout ça, mais moi, ça me donne faim ! ! ! dit Odd.
- Oui, et nous aussi ! dirent les autres, amusés.
- On va manger ! dit Jérémie. Et en plus… Non, c’est impossible ! La disparition de Xana a désactivé les tours des Réplikas et les dinosaures ont disparu…Les Réplikas aussi… Mieux que ça, il y a eu un gigantesque Retour vers le Passé, et tout est à nouveau intact, comme il y a quelques jours ! Non mais c’est dingue ! constatait le génie, portant un regard incrédule sur les écrans et les images holographiques.
- Les Gardiens des Siècles le savaient : la trame du Temps s’autorépare toujours ! Et là, nous en avons eu l’éclatante démonstration, je crois ! déclara Maïn, souriant. Du coup, nous allons tous pouvoir rentrer chez nous, sans problème !
- Mais, si le Retour vers le Passé a été si puissant, j’ai perdu les améliorations sur le Supercalculateur de l’Usine ? demanda Jérémie, déçu.
- Eh oui ! Mais Xana n’existe plus désormais. Et nous, nous disparaîtrons à jamais de votre temps pour revenir dans le nôtre, ce qui est quand même mieux, vous ne trouvez pas ? demanda Délian-Ka, souriante.
- Vous allez nous manquer ! dit Aelita.
- Oui, c’est vrai ! On devrait pouvoir fêter notre victoire tous ensemble une dernière fois, tout de même ! dit Yumi.
- Ça doit être faisable dans la base intertemporelle… On verra bien ! dit Anaïak.
- C’est faisable, en effet ! déclara soudain, aimablement, la voix de Franz Hopper, via le communicateur. En tout cas, vous avez fait une chose extraordinaire ! Vous n’avez pas seulement sauvé le monde, mais bien l’Univers tout entier ! Les théories de Jérémie et Aelita sont justes ! Nous vous devons un immense « merci », qui que nous soyons, et quelle que soit notre origine temporelle ou géographique ! Vous avez été magnifiques ! Alors, nous allons vous faire effectuer l’ultime translation vers chez nous, à la base intertemporelle, et on vous renverra ensuite à votre époque !».
Et, depuis le clavier du QZ 34 de la base intertemporelle Gamma, Franz fit à nouveau translater le Skid II, qui se retrouva dans le Réplika paisible généré par le supercalculateur de la base intertemporelle. Il matérialisa ensuite toute l’équipe dans les scanners du QG de la base, et tout le monde sortit de là, même Kiwi, redevenu le chien fou-fou qu’il était d’habitude. Et qui, d’ailleurs, s’empressa de goûter les mollets velus du pauvre Niya, à la grande consternation de ce dernier et de ses amis d’outre temps !
«- Hélà ! Du calme, Kiwi ! Mais enfin ! Ce sont nos amis ! On ne mord pas les amis ! tentait de le calmer, Odd, navré.
- Ne te fatigue pas, ça n’est que la confirmation de ce que je te disais tout à l’heure ! Enfin, si c’était tout à l’heure ! dit le brun Niya, jetant un regard coléreux à son mollet qui s’ornait à présent des traces des crocs de Kiwi !
- Mais enfin, Kiwi, ça ne va pas ? Ce n’est pas bien, mon chien ! Je suis très fâché contre toi ! ! ! le tançait Odd. Au ton de la voix de son jeune maître, Kiwi comprit qu’il avait fait une bêtise, et se tassa sur lui-même, dans un coin, gémissant et contrit.
- Oui, tu as raison, cache-toi, tu es vraiment un vilain chien ! lui lança Kaïra. Mon pauvre petit Niya, ça va ?
- J’en ai vu d’autres ! Mais enfin, tout de même, si on pouvait savoir ce qui rend ces animaux siphonnés à notre contact, ça serait tout de même bien ! maugréait le pauvre Niya.
- Ne t’en fais pas… On va le laisser en quarantaine chez le vétérinaire, le temps que vous séjourniez ici, les jeunes de Kadic et toi, Aelita ! dit Franz, quittant la console principale du QG pour venir vers eux les saluer cordialement et embrasser sa fille.
- Merci, Papa… Mais Odd sera très triste ! dit la jeune fille aux cheveux roses.
- Mais il pourra aller le voir tous les jours autant qu’il le voudra ! Seulement, il est hors de question qu’il goûte tous les mollets néanderthaliens qui passeront à sa portée ! Je vais appeler le vétérinaire !».
Quelques minutes plus tard parut un Néanderthalien blond aux clairs yeux bleus fascinants, vêtu d’une anachronique tenue médicale blanche, qui arrivait nanti d’une petite cage portative et de quelques pansements sur les doigts !
«- Euh… C’est lui, le vétérinaire ? s’enquit Odd, assez inquiet à la vue du colossal quidam qui s’emparait d’un Kiwi qui paraissait minuscule, soudain… Mais qui n’était que dents, tout d’un coup !
- Ouais, je suis le véto, ici… Et les chiens ont un peu trop tendance à me goûter, mais en général, ils ne goûtent que moi, et pas mes potes ! Ça fait un bon bout de temps qu’on essaie de résoudre le mystère de la haine particulière des chiens domestiques et modernes contre les Néanderthaliens, et je parie que ton espèce de petite teigne, là, va nous permettre de le résoudre ! Un bull-terrier ! Et pourquoi pas un pit-bull, tant qu’on y était ? Allez, toi, calme-toi ! Oui, je sais, tu as des dents, mais tu ne me fais pas peur ! Je te signale que si je suis devenu vétérinaire, c’est parce que j’aimais les animaux ! Alors, calme-toi, espèce de petite peste ! Je ne te veux aucun mal, tu sais ! Alors, pourquoi, toi, tu m’en veux ? C’est vrai qu’autrefois j’étais un chasseur, mais comme tes ancêtres, c’est tout ! Et ici, eh bien, je suis devenu végétarien, je te signale ! Alors, si on faisait la paix, toi et moi, qu’en penses-tu ?».
Étonnamment, Kiwi se calma, et laissa le grand Néanderthalien aux cheveux cuivrés le toucher et le caresser. Il finit même par frétiller, tout content, entre les mains puissantes du jeune homme souriant.
«- Hé ! Mais comment il a fait ça ? fit Odd, étonné.
- Kaïrin a toujours adoré les animaux, et il regrettait beaucoup de devoir les chasser, ça le rendait même littéralement malade… Et il a toujours eu ce don d’attirer toutes les bêtes, même les plus hostiles, qui devenaient toutes paisibles et douces à son contact. C’était devenu un de nos meilleurs chamans, parce que tout le monde était persuadé que les Esprits lui parlaient et lui accordaient leurs faveurs… À voir une chose pareille, on peut effectivement le penser ! expliqua Niya, souriant. Et s’il est quelqu’un qui pourra percer le mystère de l’hostilité des chiens modernes à notre endroit, ce sera bien lui… On a eu la preuve qu’il communiquait par télépathie avec les animaux, et qu’il pouvait du coup bien comprendre des comportements que jusque là on n’expliquait pas. Je parie que Kiwi va lui permettre de comprendre enfin ce que les chiens modernes ont contre nous ! acheva-t-il, songeur et souriant, comme Kaïrin, avec tendresse, faisait rentrer Kiwi, à présent calme, dans sa petite cage.
- Ça alors, voilà qui dépasse toute logique scientifique normale… fit Jérémie, étonné.
- Oh, ici, avec nous autres, tu n’as pas fini d’en voir, des choses un peu surprenantes ! sourit Wang-Ka.
- Je le crois, oui ! dit le jeune génie, encore mal remis de leur aventure.
- Allez, venez ! On va se faire une bonne bouffe ! proposa Niya.
- Mais on va vous déranger ! supputa Yumi.
- Ma chère Yumi, chez nous, quand on réalisait un exploit, on faisait la fête ! Et comme on vient de faire un sacré exploit aujourd’hui, ou il y a très longtemps, je ne sais plus au juste, on va faire la fête ! déclara Niya, amusé.
- Je peux venir ? demanda Franz Hopper.
- Mais évidemment ! Sans toi, on n’aurait rien pu faire ni mettre à mal cette cochonnerie de Xana ! Entre nous, tu aurais pu te passer d’inventer un truc pareil ! rit Niya.
- Oh, je le sais bien, mais que serait-il arrivé si les militaires avaient utilisé le Projet Carthage comme ils le désiraient ? La Terre serait devenue une effroyable tyrannie !
- Carthage ou pas Carthage, la Terre deviendra quand même une effroyable tyrannie au trentième siècle… Ici, c’est un vrai nid de sédition contre ces malades ! sourit Délian-Ka.
- Oui, nous, nous trouvons que Liberté, Égalité et Fraternité sont les plus beaux mots que l’homme ait inventés ! Et nous tentons d’appliquer ces principes tous les jours, oui, même au sein de nos peuples respectifs, et pour ce qui est de mon peuple ou de ceux de Maïn et Niya, je peux vous dire que ça n’est pas gagné ! dit Anaïak. Mais on y travaille ! Mais bon, vous pourrez apprendre tout de notre histoire lors d’un enseignement par le sommeil, si vous le désirez ! Mais là, on va grailler chez le môme Niya qui est le Paul Bocuse du Moustérien ! acheva-t-il, amusé.
- Comment ça ? s’enquit Yumi, étonnée.
- J’espère qu’il y a du couscous ! lança Odd.
- Niya a eu l’idée géniale de faire comprendre aux gens en appliquant l’adage : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es », que les Néanderthaliens étaient des gens très bien ! Et le fait est que le restaurant qu’il a fondé avec plusieurs de ses amis ne désemplit pas ! On y sert des grillades et pierrades ou viandes rôties à la broche et au feu de bois tout à fait extraordinaires ! Car nos amis servent carrément du gibier issu de leur époque d’origine, venu de bêtes que nous avons acclimatées sur d’autres mondes similaires à la Terre de l’ère glaciaire, et c’est remarquable ! Ils nous servent ça généralement assaisonné d’herbes sauvages et accompagné de légumes, rhizomes et fruits ou légumineuses tout aussi sauvages ! Cet endroit est recommandé par tous les diététiciens de la base, parce que ce qu’on y mange est parfaitement sain et équilibré ! Ce n’est pas chez Niya qu’on souffrira d’excès de sucre ou de cholestérol ! Le gibier est une viande maigre, et fruits, graines et légumes sauvages équilibrent parfaitement les repas ! J’y mange quasiment tous les jours, moi, et je n’ai jamais été autant en forme ! déclara Franz Hopper, souriant. Moi qui avais tendance à un peu d’embonpoint, eh bien, j’ai récupéré le poids que j’avais à vingt ans ! Vous allez vous régaler ! Surtout toi, Yumi ! Ils font aussi de ces poissons dont je ne te dis que ça !».
Et toute l’équipe arriva donc dans l’officine de Niya, qui se mit de suite à leur préparer tout le nécessaire pour une excellente pierrade de renne mais aussi d’esturgeon, de saumon et de truite. Ah, il fallait le voir s’activer, le petit Néanderthalien noiraud au physique ingrat ! Et sa compagne, Kaïra, lui prêtait main-forte, tout aussi ravie que lui de faire découvrir à leurs nouveaux amis de quoi ils pouvaient bien être capables !
Les fumets délectables qui s’échappaient de l’immense cheminée où cuisaient, de différentes manières plusieurs venaisons, étaient une vraie tentation, qui fit s’écrier à Odd :
«- Magnez-vous, j’ai faim, moi ! ! ! de sa voix suraiguë.
- Tiens, Odd, mange et tais-toi, ça nous fera des vacances ! fit Wang-Ka, hilare, lui fourrant dans le bec une cuisse de poule de bruyère tendrement rôtie et froide, aux airelles.
- Mmmmh ! Mais ch’est bon ! déclara le blondinet, achevant le pilon en trois coups de dents !
- Odd, on t’a déjà dit que tu étais un vrai monstre ? s’enquit Délian-Ka, très amusée.
- Ben quoi ? J’ai pas fini de grandir, alors je me nourris, c’est normal ! fit l’excentrique, l’air innocent.
- Oui, mais même nous, à table, nous mangeons d’une manière plus raffinée, ce qui est un comble, tout de même ! riait Maïn.
- Des Néanderthaliens qui donnent des leçons de savoir-vivre à leurs lointains successeurs… C’est le monde à l’envers ! riait Anaïak.
- Ah mais nous, nous ne mangeons pas comme des gorets, je vous signale ! Odd, si ! rit Ulrich.
- Non mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Odd, c’est vrai que tu es terrifiant, à table ! Je ne pourrai jamais t’amener au Japon, si l’occasion se présentait ! Tu horrifierais tout le monde ! Tu manges à toi tout seul autant que dix sumotoris ! Remarque… J’ai une idée. Tout le monde, au Japon, connaît le type de menu qu’on sert aux sumotoris… Je crois que c’est ce que je te ferai goûter si tu viens manger chez nous ! riait Yumi.
- Au fait, Yumi, c’est quoi cette histoire de mariage arrangé avec ce dénommé Ryochi ? Il faut que tu m’expliques tout, là ! dit Ulrich, sérieux, à l’adresse de son amie qui rougit, embarrassée.
- Eh bien… Je… Je ne préfère pas en parler ! dit la pauvre Japonaise, au comble de la confusion.
- Yumi, en France, les mariages forcés sont interdits par la loi, et il y a des protections contre ça ! Il faut que tu ailles voir les services sociaux de la mairie pour qu’on te protège contre ça ! dit Ulrich, sérieux.
- Je ne peux pas désobéir à mes parents ! Je leur ferais perdre la face en les empêchant de tenir leur engagement, et le déshonneur est une chose inacceptable, chez nous ! dit fermement la jeune fille, malheureuse.
- Tu ne m’aimes pas, c’est ça ? Tu ne m’as jamais aimé ! fit Ulrich, furieux !
- Ce n’est pas ça ! J’ai toujours ressenti pour toi des sentiments profonds et réels, mais je n’ai pas le droit à cet amour ! Je suis promise à un autre, et je n’ai pas le choix ! se récria la jeune fille, comme Ulrich s’enfuyait, ne prenant même pas le temps d’entendre la fin de ses explications ! Jérémie, Odd et Aelita regardaient leur amie en proie à une grande consternation. Et que dire des préhistoriques !
- Je vais enquêter sur ce Ryochi… Si les Ishiyama se sentent obligés de ramper aux pieds de la famille de ce gars, c’est qu’il y a anguille sous roche ! dit jérémie. Yumi, si on arrivait à prouver à tes parents et à ceux de Ryochi que votre union est totalement indésirable et même impossible, que se passerait-il ? demanda le jeune surdoué.
- La famille Tokugawa est une des plus anciennes et honorables du Japon. Plusieurs dizaines de shoguns sont issus de cette famille, apparentée à l’Empereur ! Et une femme ne peut pas refuser la demande en mariage d’un cousin, même éloigné, de l’Empereur ou de l’Empereur lui-même ! dit tristement Yumi.
- Même s’ils sont compromis avec les Yakuzas ? insista Jérémie.
- Jérémie ! Ces gens sont au-dessus de tous soupçons ! fit la jeune Japonaise, choquée.
- Tout arbre, même le mieux traité et soigné peut avoir des fruits pourris ! dit le jeune génie… Je me charge de sortir les cadavres des placards de la famille Tokugawa ! fit-il, revanchard ! Je ne veux pas que tu gâches ta vie avec quelqu’un que tu n’aimeras pas et te traitera comme une esclave, même s’il est issu d’une noble famille ancienne et riche ! Tu aimes Ulrich, ça fait trois ans qu’on le sait, et vous vous entredéchirez pour des non-dits et des raisons qui ne sont pas valables et surtout parce que tes parents t’ont vendue comme un meuble à ces gens ! S’ils t’aimaient, ils t’auraient écoutée et auraient refusé cet arrangement qui me semble des plus suspects ! s’insurgea Jérémie. Yumi, tu es notre amie, et nous t’aimons tous, et nous ne voulons pas que tu sois brisée pour une union non désirée et éloignée de nous définitivement !
- Mais… Et ma famille ? Si elle ne tient pas ses engagements, elle risque de gros ennuis ! dit Yumi. Ça va se savoir, et mon père risque sa place et pire que tout de ne jamais retrouver de travail parce que personne ne voudra engager un parjure ! dit la pauvre Japonaise comme Ulrich revenait, ramené de force par Maïn qui lui expliquait par le menu les tenants et aboutissants de l’histoire.
- 0K ! Je m’en occupe ! Puisque c’est une base intertemporelle, ici, il y a sûrement moyen de trouver des informations très étonnantes et de les divulguer sur le réseau mondial à notre époque ! On va te sortir de là, Yumi ! On va vaincu Xana, on peut bien vaincre le clan Tokugawa ! déclara noblement le jeune prodige.
- Yumi, je ne te laisserai jamais tomber, parce que tu es toute ma vie, et que je préfèrerais encore la mort à devoir vivre sans toi ! dit Ulrich. Je suis désolé de ma réaction, mais la colère me fait toujours perdre la tête, tu le sais ! En tout cas, je ne sais pas comment notre Jérémie va trouver ses preuves, surtout si elles sont écrites en japonais ! acheva-t-il, confus.
- Le QZ 34 possède un traducteur universel incorporé qui comprend un million de formes de communication ! dit Franz. Même si les documents que Jérémie trouve sont en japonais, il en aura l’exacte traduction instantanée et en français ! Nous avons bricolé ça, ici ! Avec toutes les personnes de n’importe où et de n’importe quand qui y vivent, nous sommes bien obligés d’avoir des traductions ad hoc ! déclara l’informaticien génial, ravi.
- Merci, mais… Je ne sais pas quoi dire ! dit Yumi, confuse et troublée.
- Ne dis rien, mon petit, et laisse-nous faire ! Fais-nous confiance, à Jérémie, nos amis et moi ! On va vraiment vous sortir de cette situation inextricable, tes parents et toi, parole de Franz Hopper, ou plutôt, de Waldo Schaeffer !».
Le repas délicieux et apprécié de tous se termina dans une ambiance songeuse. Puis, tout le monde partit se coucher dans les chambres qui leur revenaient dans la base. Même nos amis de Kadic avaient leurs logements prévus dans cet extraordinaire endroit !
Waldo Schaeffer, Jérémie, Wang-Ka, Délian-Ka, Anaïak et Maïn restèrent à travailler très tard cette nuit-là sur le supercalculateur de la base intertemporelle à rechercher dans le Galactoweb et le secteur temporel des vingt et vingt-et-unième siècles des données sur la famille Tokugawa.

28
Délian-Ka, absorbée par sa tâche de recherche, tapait comme une folle sur le clavier de son poste de travail, en tirant un petit bout de langue, ce qui lui donnait une tête vraiment drôle que ne tarda pas à aviser Maïn qui éclata de rire :
«- Ben alors, Kanou ? Ça mord ? rit-il.
- Ben quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? fit-elle, étonnée, levant sa jolie tête aux boucles platine, vers le blond jeune homme.
- Quand tu te concentres, tu tires un petit bout de langue ! C’est mignon ! souriait-il.
- Mais n’importe quoi ! Je devais avoir l’air parfaitement idiote ! Mais en tout cas, je crois avoir trouvé quelque chose ! déclara-t-elle, souriante.
- Ah ! Et quoi, s’enquit Jérémie, venant vers elle.
- Une histoire de fraude fiscale et d’impôts trafiqués qui aurait touchée cette famille… Et des comptes bancaires bizarres à Zurich et aux Îles Caïman ! Un petit coup de décryptage des clés d’accès, et on va savoir tous les tenants et aboutissants de l’histoire ! Tu avais deviné juste, Jérémie ! Ces Tokugawa sont des canailles, semble-t-il ! On va sortir Yumi d’un drôle de cloaque, semble-t-il ! jubila la jeune femme.
- Délian-Ka, je t’adore ! s’exclama le génie, l’embrassant gentiment avec enthousiasme !
- Eh ! Laisse-m’en un peu, c’est ma digne épouse, je te signale ! riait Maïn.
- Euh… Désolé, mais je pensais tellement que cette histoire était sans issue ! rougit le jeune surdoué.
- Bon… On a toutes les données, les numéros de comptes, qui a versé de l’argent dessus et pourquoi… Les Yakuzas sont en effet dans le coup ! Eh bien, on va faire du beau nettoyage, avec ça ! ! ! jubilait Délian-Ka. On divulgue tout, et tout de suite, encore ! ! !».
Ouvrir un site Internet sur un serveur gratuit mondialement connu au vingt-et-unième siècle fut l’affaire de quelques instants. Créer des comptes de messagerie fictifs aussi, et expédier vers les plus grands journaux mondiaux de l’époque le dossier réuni par l’équipe de formidables hackers de la base intertemporelle fut l’affaire de quelques minutes supplémentaires…
Le supercalculateur ne tarda pas, axé qu’il était sur le secteur temporel d’où venaient les élèves de Kadic, à enregistrer la formidable et soudaine activité sur le réseau Internet de cette époque-là ! Les journaux du monde entier avaient repris la nouvelle, et comme les preuves envoyées étaient irréfutables, les membres majeurs de la famille Tokugawa furent sommés d’aller s’expliquer devant la police, et, pire, devant l’Empereur du Japon lui-même ! Le scandale ébranlait le Japon tout entier, pire encore que si Gojira s’était soudain réellement manifesté !
Plusieurs clans de Yakuzas tombèrent. Et les financements occultes de la riche famille noble des Tokugawa furent exposés au grand jour, tout comme leurs liens avec ces bandits… Les corruptions qui leur remplissaient l’escarcelles furent dénoncées au grand jour, et enfin, on apprit que Monsieur Ishiyama, le pauvre, était interrogé à son tour par la police de Kyoto, puisque sa fille était promise en mariage au fils de ce clan pourri ! Le pauvre homme avoua alors à quel chantage on l’avait soumis, et que le mariage promis avait été le prix de sa tranquillité… Enfin, presque, puisque là, on le jugeait comme un complice des exactions de ces gens !
Finalement, après enquête, il s’avéra que le pauvre père de Yumi n’était qu’une des innombrables victimes de ces gens, et on le relâcha très vite ! Par contre, Ryochi Tokugawa, lui, fut envoyé en prison pour extorsion de fonds et chantages divers, ainsi que prostitution ! La famille Tokugawa, à la fin du règne des shoguns, n’avait pas supporté sa ruine, et avait tenté, tant bien que mal, de reconquérir gloire et fortune… Malheureusement, ils n’avaient pas vraiment choisi la voie de l’honnêteté, et là, ils le paieraient très cher ! L’Empereur, déshonoré par ce cousinage indésirable fit saisir tous leurs biens, tandis que les membres de cette famille croupiraient en prison pour de longues, très longues années. Les biens des misérables furent estimés par les comptables de l’état, et on remboursa les familles qui avaient eu à subir leurs rackets divers et multiples. Le reste des biens furent vendus et l’argent qu’ils rapportèrent fut donné à des associations caritatives !
Monsieur et Madame Ishiyama, qui avaient réglé leur souci d’héritage –en fait, il s’agissait d’établir la dot de Yumi pour son mariage futur– furent bien soulagés de revenir en France !
Le lendemain matin, Ulrich, qui n’avait pas dormi de la nuit, alla voir Yumi qui n’avait pas dormi davantage.
Ils eurent la surprise, au petit déjeuner, à la cantine, de voir leurs amis qui semblaient n’avoir pas dormi non plus, qui les attendaient, tous réunis, avec des sourires éclatants. Délian-Ka tendit à Yumi une épaisse liasse de documents :
«- Tu es libérée de tes engagements, Yumi ! J’ai découvert la preuve que tu n’as absolument pas à épouser ce Ryochi qui n’est qu’un bandit de grands chemins, comme quasiment toute sa famille, d’ailleurs ! Ceci est la preuve de ta liberté !
- Mais… Vous les avez fabriquées, ces preuves ? demanda la jeune Japonaise, inquiète.
- Non ! Il y avait une histoire de fraude fiscale… Je n’ai fait que fouiller, et j’ai découvert des choses vraiment minables ! Tout est là ! Tu es libre d’aimer et d’épouser qui tu veux ! acheva la pâle et très mignonne préhistorique.
- Mais… Et mes parents ? Que vont-ils dire ? s’enquit-elle.
- Ils ne diront rien… Le monde entier est au courant de ce scandale ! Il va de soi qu’ils ne te laisseront pas entre les griffes de ces gens méprisables à présent que tout le Japon et le monde entier sont au courant de leurs malversations ! Ton ex-futur mari, qui a dix ans de plus que toi, était un racketteur, un maître chanteur et un proxénète ! Tu peux dire que tu l’as échappée belle ! Et ta famille aussi ! L’Empereur les a totalement dépossédés, et ils sont désormais maudits. On a rayé le nom de la famille Tokugawa de tous les registres de la cour, ils ne sont plus nobles, et ils sont quasiment tous en prison ! À vie ! L’Empereur a estimé qu’il était déshonoré par une telle parenté, et il a en plus renié cette branche de la famille. Le pire, c’est que le malheureux veut abdiquer, s’estimant indigne d’être à la tête du Japon, avec de tels parents éloignés dans sa famille, le pauvre ! expliqua Délian-Ka. Le Japon est dans une crise comme jamais !
- Eh bien ! Mais… Et qu’allons-nous faire ? s’enquit la jeune Japonaise.
- Ceci ne vous concerne pas, tes parents et toi. Vous allez reprendre votre vie comme avant toute cette histoire, et Ulrich et toi pourrez enfin concrétiser tous vos rêves ! Finalement, que du bonheur ! conclut, souriant, Délian-Ka.
- Eh bien ça, alors ! Je ne vous remercierai jamais assez ! Si j’avais dû me séparer de mes amis et d’Ulrich, je crois bien que je me serais tuée ! craqua enfin la pauvre Yumi, toute la tension accumulée au cours de toutes ces années se rompant enfin dans de chaudes larmes !
- Allez, tilia ! (chérie, chez les rétros), ne te mets pas dans cet état, c’est terminé ! Plus de Xana, plus de Japonais corrompu ! L’avenir est à toi, maintenant ! Vis ta vie, et sois heureuse ! On va vous renvoyer, tes amis et toi, au vingt-et-unième siècle, juste avant la dernière attaque de Xana et avant que les dinos n’attaquent ! ! !».
Jérémie leur donna donc le jour et l’heure exacts de l’attaque Xanatique, et nos amis, après un copieux petit-déjeuner qui fit la joie d’Odd, outre le bonheur retrouvé de ses camarades, ils allèrent tous au QG.
La, Franz paramétra la Porte Irigoyen (la Porte interdimensionnelle et intertemporelle) pour qu’ils revinssent à leur époque d’origine. Les jeunes élèves de Kadic dirent alors adieu à leurs amis d’outre-temps, regrettant déjà de ne plus jamais les revoir, car à leurs côtés, ils avaient vécu une aventure tout à fait extraordinaire, et ils s’engouffrèrent dans le vortex lumineux.
29
Odd se réveilla en sursaut, l’estomac dans les talons. Il regarda son réveil, et avisant l’heure, protesta : il était trois heures du matin ! Agacé, il se leva sans trop de discrétion, son colocataire, Ulrich, dormant à poings fermés grâce à ses boules Quiès.
Il alla vers la fenêtre, pour respirer un peu, et se calmer. Qu’il avait faim !
Quand il ouvrit les volets, l’air frais de cette nuit printanière envahit la petite chambre de l’internat. Odd huma à plein nez les odeurs des arbres qui commençaient à reverdir, et celles des timides fleurs qui commençaient à repousser dans l’herbe humide de rosée.
Il rouvrit les yeux, et eut un sursaut. Là ! Dans le ciel clair de cette nuit splendide de pleine lune, une silhouette volante sombre s’interposa entre lui et le satellite à l’éclat de platine !
Mais ce n’était que le grand-duc du parc de Kadic parti à la chasse aux rongeurs, comme toutes les nuits ! Ouf ! C’était bel et bien fini !
Le lendemain matin, les jeunes collégiens étaient sereins, sur leur banc. Ils se souvenaient de leur aventure extraordinaire dans le plus lointain des pasés et de leurs amis préhistoriques si étonnants et gentils.
«- Ils avaient des têtes impossibles, mais ils étaient adorables ! sourit Yumi.
- Et grâce à eux, nous serons définitivement tranquilles dans quelques jours, toi et moi, pour mener la vie que nous voudrons, si tu es d’accord, bien entendu ! sourit Ulrich.
- Bien sûr, que je suis d’accord ! Si mes parents savaient ! Ils vont vraiment tomber de haut, les pauvres ! sourit la Japonaise.
- Moi, à ta place, je leur en voudrais tout de même à mort ! Heureusement qu’entre Jérémie et moi, ce problème-là n’existe pas ! dit Aelita.
- C’est vrai que vivre un truc pareil, ça me rendrait encore plus irascible que toi, Ulrich ! dit Jérémie.
- Mais, je ne suis pas irascible ! bouda le mignon brunet.
- Hum… Un peu, si ! Mais Yumi doit trouver que ça fait tout ton charme ! rit Odd. En tout cas, je suis ravi pour vous deux, moi ! Depuis le temps qu’on attendait ça ! Vous êtes un si mignon couple, en plus !
- Et toi, Odd, quand est-ce que tu demandes ta Sam en mariage ? rit Ulrich, ravi de faire rougir le blondinet excentrique.
- Mais… fit Odd, le sifflet coupé, rouge comme une tomate bien mûre.
- Ben oui, parce que là, hormis Yumi et Aelita, tout le panel féminin de Kadic y est passé, sans parler des filles des bahuts voisins ! riait Ulrich.
- Ben, elle est à l’autre bout de la France ! dit Odd, lamentable.
- Et alors ? Qu’est-ce que tu attends pour aller la rejoindre ? insista Ulrich. Si tu l’aimes tant que ça, vas-y !
- Ben mes parents voudront jamais ! C’est cher, le train ! Et l’avion, encore plus ! dit Odd, malheureux.
- Et si tu écrivais à ses parents, en leur expliquant que depuis qu’elle n’est plus à Paris, tu es très malheureux et en leur demandant s’ils ne voudraient pas l’envoyer en internat ici pour que tu la retrouves ? Si tu l’aimes tant que ça, tente ta chance ! suggéra Aelita.
- Mais… Je n’ai pas leur adresse ! Sam n’a pas eu le temps de me la donner lors de la compétition de skate ou quand elle était venue pour faire le DJ ! dit le blondinet, tristement.
- Avec tous les sésames que j’aie, ça serait bien le diable que je ne les retrouve pas via Internet ! dit Jérémie. Je m’y colle ! Et je t’assure que tu auras des nouvelles de ta dulcinée dans pas une heure !».
Depuis son ordinateur portable, Jérémie retrouva très vite les coordonnées des parents de Sam et même l’adresse MSN de cette dernière ! Il va sans dire qu’Odd suggéra à la mignonne fille très brune de le rejoindre à Kadic, et la réponse qu’il reçut le fit bondir de joie partout ! ! !
Sam allait en effet passer l’année prochaine à Kadic, et rester à Kadic jusqu’au bac !
Quinze jours plus tard éclata le scandale financier et crapuleux qui incriminait la famille Tokugawa… Monsieur et Madame Ishiyama, revenus en France, demandèrent la nationalité française, ne voulant plus rien avoir à faire avec un pays qui n’était que corruptions diverses ! C’était un crève-cœur pour eux, car c’était leur pays d’origine, mais l’avenir de leurs enfants serait mieux assuré dans un pays où la mafia n’avait pas droit de citer, comme la France… Et enfin, ils étaient libres, Yumi, était libre ! D’ailleurs, Monsieur Ishiyama convoqua un beau jour Ulrich chez lui pour lui raconter toute l’histoire. Ulrich, gentiment, lui dit qu’il comprenait et qu’il ne lui en voulait pas trop, mais qu’il avait une faveur à lui demander, la main de Yumi. Monsieur Ishiyama ne dit pas non, loin de là !
Tout était bien qui finissait bien ! Nos héros, avec la paix, pouvaient enfin parler d’autre chose, et surtout d’amour et de futur, d’avenir rose et heureux… Chut ! Laissons-les ! Maintenant, ils vivent vraiment dans un monde sans danger !

Fin

Eh bien voilà la fin de la chose... Ça m'inspire, les calculs au foie !!!

1 commentaire:

ulysse a dit…

Bonjour je découvre votre blog suite à votre commentaire sur ma note concernant ce bon vieux Néanderthal ...c'est déjanté et jubilatoire ...je reviendrai !