Communication.
Mordue de Préhistoire, de musique, de SF, de fantastique, de cinéma, d'art graphique et d'art sous toutes ses formes, mais surtout, passionnée par l'énigme Néanderthal ou Néandertal...
mercredi 16 février 2011
Doux délire inspiré par celui de Mimi #2
Communication.
mardi 15 février 2011
Doux délire inspiré par celui de Mimi.#1
Dans l’enfer de glace.
dimanche 13 février 2011
Mimi'z drimz: Deux femmes VRAIMENT fatales.
mercredi 15 décembre 2010
Jeune trublions, future chair à canon !!!
*Premier témoignage*Je vous adresse le présent courrier pour vous faire part du contenudiscutable et du traitement intolérable qui a été réservé aux professeurs stagiaires hier, vendredi 03/12/10, au lycée Gustave Eiffel, à écouter le détail des missions du recteur et du fonctionnement du système éducatif français, les autorités compétentes ont décidé de consacrer 'après midi au thème de l'enseignement de défense et à la présentation des différents types de coopération possibles entre l'armée et l'éducation nationale.Je ne doute pas que ce soit là un programme d'information adapté aux néo fonctionnaires que nous sommes. En revanche, je doute fortement de la pertinence de nous faire assister à cette journée alors même qu'aucun d'entre nous n'a commencé sa formation disciplinaire ce qui, de l'avis de tous, est une urgence bien réelle. D'autre part, j'ai été profondément choqué par le choix des thèmes abordés et encore plus par le choix de certaines images. On peut, en effet, se questionner quant à l'intérêt d'une propagande de l'insécurité sur fond de Twin Towers en flammes ! Aussi, il serait sûrement préférable, au moment où l'on tente de convaincre les jeunes professeurs qu'il ne faut pas hésiter à orienter leurs élèves vers l'armée, de ne pas leur montrer une image d'un jeune tenant un fusil d'assaut en joue, lors de sa JAPD. Dans un autre registre, je tiens également à vous faire part de la façon dont on nous a traités. Je n'excuse pas le retard de certains de mes camarades, mais ce n'est pas une raison pour se laisser aller à des règlements de compte au micro, en questionnant notre "posture professionnelle", notre respect de la déontologie ou bien encore en affirmant la supériorité du corps militaire face aux réflexions stériles menées par des intellectuels en salle des profs ! Il me semble que la tournure exacte était "Les discussions entre militaires ça n'a rien à voir avec les discussions entre intellectuels qu'on entend en salle des profs. [...] Nous il nous faut des décisions rapides car ça débouche sur de l'action.". Face à l'inutilité relative du contenu et l'hostilité palpable qui nous a été témoignée, nombre d'entre nous n'avons pas assisté à l'intégralité de la présentation l'après-midi. Nos collègues des Landes ont, eux aussi, témoigné leur mécontentement envers le choix thématique de la formation en quittant massivement les lieux. Il faut rappeler que nous ne sommes pas une bande d'élèves dissipés (comme nos intervenants de Bordeaux l'ont cru), mais bien des professeurs et que si nous en arrivons à ce genre d'attitude il doit bien y avoir des raisons. Le temps de la remise en question est peut-être venu ! Je ne serai certainement pas le seul à vous écrire à ce sujet et j'espère que vous ferez part de notre message à qui de droit. Je vous prie également de bien vouloir respecter l'anonymat de mes propos. >Un stagiaire en colère.*Deuxième témoignage*Cher collègue,
Je me permets de vous envoyer ce mail car je voudrais témoigner directement de ce que vivent les professeurs stagiaires lors de leurs formations organisées par le corps d’inspection. Lors de la réunion de « formation » du vendredi 3 décembre, qui s’est tenue au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, les professeurs stagiaires ont été conviés à suivre un cours magistral de 9h30 à 12h30. Les interventions successives n’ont répondu en rien à nos demandes les plus pressantes et à nos inquiétudes. La première traitait de l’organisation interne d’un rectorat, avec toutes ses strates de responsabilités, la seconde expliquait avec un tableau obsolète comment les IPR décident d’une note pédagogique lors de leurs visites etc… A la fin de la troisième intervention détaillant les droits et devoirs du fonctionnaire, un responsable des ressources humaines nous a rappelé que nous « devions » 35 heures par semaine à l’Etat et que nous n’étions pas une profession libérale et que nous dépendions d’une hiérarchie structurée. Inutile de vous préciser que beaucoup d’entre nous ont très mal apprécié ce « petit rappel » qui, en plus de résulter d’un postulat douteux, prouve encore une fois (et c’est peut être le plus grave) que les autorités sont bien loin de la réalité de ce que vivent les professeurs stagiaires ! D’ailleurs à la fin de l’intervention, un collègue a posé la question suivante : « tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d’accord qu’en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu’en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n’avons encore eu à ce jour aucune formation ! » A cette invective fortement applaudie par tous, une inspectrice a pris la parole et a répondu : « Il faut savoir qu’il est du devoir de tout enseignant de s’autoformer et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… ». Pour la matinée de ce vendredi 3 décembre je regrette tout simplement que le contenu de la formation soit non pertinent par rapport à nos nombreuses attentes. Ce problème de formation des profs stagiaires est un problème maintenant connu et je n’aurais pas pris la peine de vous écrire pour quelque chose que vous connaissez déjà. En fait, je voudrais surtout vous rendre compte de ce qui s’est passé l’après midi de cette « formation ». A notre grande surprise, à 14h, lorsque la réunion a repris, nous avons vu se succéder à la tribune deux militaires, un major et un colonel (si je me souviens bien) accompagné d’un IPR d’histoire géographie et d’un professeur agrégé d’histoire, commandant de réserve. Les thèmes abordés ont été alors plus exotiques les uns que les autres, « l’enseignement de la défense », « la défense aujourd’hui : nouvelles menaces, nouvelles configurations, les enjeux », « un exemple de partenariat Défense/lycée », « le recensement et la JAPD » etc. Tous ces thèmes ont été servis avec une sauce idéologique particulièrement intéressante : « Grâce à dieu, grâce à dieu, grâce à dieu nous connaissons la paix en Europe depuis plus de 60 ans ». « La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire » etc… Nous avons aussi été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires !! Tout ça avec en arrière plan des images de jeunes militaires avec des armes à la main en exercice de tirs etc… Nous avons été plusieurs à nous demander si ce n’était pas une mauvaise blague avec une caméra cachée… Evidemment beaucoup de nos collègues furieux que l’on se moque de leurs préoccupations quotidiennes (apprendre à construire des séquences de cours ou évaluer les élèves par exemple) ont déjà commencé à quitter massivement les lieux… l’IPR, irrité, alors lâche quelques remarques injurieuses allant jusqu’à remettre en doute notre posture professionnelle. Peut être aurait-il dû se féliciter d’avoir devant lui des enseignants avec un esprit critique ! La fin de la séance a été épique, l’IPR nous a interpelés en nous interpellant : « Bon… nous sommes en retard mais … A qui la faute ? » … Il a ensuite apostrophé une professeur stagiaire qui était en train de se diriger vers la sortie et lui a dit « Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations »… A la professeur stagiaire de lui rétorquer courageusement « j’ai un train à prendre, il est 16h 31 et je ne suis payée que jusqu’à 16h30 ». Face à l’hostilité généralisée et réciproque, beaucoup ont quitté la salle. Le commandant de réserve, visiblement en colère se permet une comparaison hasardeuse : «En salle des profs, on entend des conversations d’intellectuels qui ne servent à rien alors que nous dans l’armée on est dans l’action pour la nation » et enfin, un autre gradé de l’armée prend la suite en affirmant de manière décomplexée qu’il n’y a pas de déontologie dans l’éducation nationale ! Pour conclure, nous nous sommes tous sentis insultés tant par le choix des thèmes abordés qui témoignent d’une ignorance totale de nos problèmes quotidiens que par des propos inacceptables à notre égard et sur l’ensemble de la profession que, quelque part nous représentions ce jour là.
mercredi 28 juillet 2010
Cyborg et la maitrise du cerveau et de nos sentiments. Un article halllucinant.
jeudi 15 juillet 2010
Lettre ouverte aux généticiens géniaux qui nous ont trouvé du Néanderthal en nous...
jeudi 4 février 2010
Avatar : un film mortel !
lundi 4 janvier 2010
Sale myome !
dimanche 20 décembre 2009
Esoteria.
mercredi 2 décembre 2009
Fabriquer de la viande artificielle.
lundi 19 octobre 2009
Des affres de la création.
Délian-Ka, l'une des héroïnes principales de notre saga à qui il arrive des déboires dont nombre causés par sa meilleure amie Wang-Ka (ci-dessous) à cause de son foutu caractère d'aurochs enragé et de ses idées proportionnellement courtes par rapport à ce que sa tignasse est touffue et longue... Et comme elle a les cheveux TRES longs, autant augurer de la petitesse de ses idées... Oui, ce n'est pas vraiment un personnage idéal ! (les deux dessins sont mes oeuvres.)
Seulement, voilà, nous mettons en scène deux personnages tirés plus que de notre imagination, parce qu’ils semblent, de plus en plus, être les réminiscences de vies passées. Oui, je sais, c’est dingue, mais de multiples découvertes récentes faites par les scientifiques corroborent de plus en plus ce que nous avons en tête depuis presque vingt-cinq ans, Mimi et moi, à propos tant de l’aspect physique que des capacités mentales des Néanderthaliens.
Certes, pour rendre notre récit crédible, nous en avons fait de la science-fiction, les livres d’occultisme étant du tout et du n’importe quoi, surtout la porte grande ouverte à des charlatans et des sectes sans scrupules, aussi avons-nous décidé de raconter une histoire basée au départ sur les personnages qui hantaient nos inconscients depuis bien longtemps.
Seulement, voilà. À leur imaginer des aventures terribles, à nos alter ego primitifs, il s’avère que parfois, cette écriture à quatre mains bafouille, hésite, et que nous-mêmes en pâtissions ici-bas. Les conflits opposant nos personnages par ailleurs, au départ, les meilleures amies du monde, rejaillissent sur notre quotidien, et tant l’une que l’autre hésite bien souvent à les mentionner de peur de froisser l’autre, et réciproquement.
Or, je suis enfin parvenue, après de fort longues années, à faire la part des choses, et à me dire que si le personnage de Wang-Ka était quelque part mon moi profond, je n’en étais pas moins autre, avec un autre vécu et une éducation toute différente, et j’ai fini par la reléguer au grenier, tandis que moi, je vis au rez-de-chaussée, même si durant mes inspirations nocturnes, je monte souvent l’escalier pour la rejoindre dans ses aventures échevelées.
Ça ne s’est pas fait tout seul ni sans douleur. Il m’est arrivé pendant de longs mois de laisser moisir Wang-Ka au grenier, tant elle avait des côtés qui m’étaient insupportables ! Eh oui, le Côté Obscur de la Force, ce n’est pas toujours joli-joli…
Mimi a fait de même avec Délian-Ka dont les (més)aventures lui pesaient aussi.
Mais comme je suis dotée d’un esprit singulièrement obstiné et que ma vie a toujours été une lutte de tous les instants contre ce Côté Obscur, je suis arrivée à le maîtriser, au fur et à mesure, petit à petit.
Mimi, de son côté, fait la même chose.
À présent, depuis l’été 2008 nous nous sommes nous-mêmes, telles que nous sommes ici-bas, mises en scène dans notre propre saga, et nous nous retrouvons au sens littéral du terme, les grains de raison dans toute cette folle équipée spatio-temporelle…
Mimi...
Comment et pourquoi les raisons des affres créatives qui nous font parfois hésiter à écrire et dire ce que nous ressentons profondément sur nos disques durs respectifs ? Par peur de nous fâcher réellement ici-bas. Idiot, certes, mais réel et profond malaise.
Et quand ici-bas, un conflit nous oppose, nous tentons, sagement, de le résoudre à travers nos écrits, donc, il est logique que l’inverse arrive aussi.
... et moi !
Alors, je le dis et le répète, ce qui se passe dans le grenier, se passe dans le grenier, point final ! Évidemment, quand il y a des gouttières dans le grenier qui finissent par inonder toute la maison, ce n’est pas joyeux, d’où l’intérêt que nous avons eu à nous mettre en scène nous-mêmes dans cette histoire, car nous sommes, tant Mimi que moi, deux rationalistes forcenées malgré tout, et nous avons à cœur de faire la part des choses. Elle imagine souvent, tout comme moi, que les interventions de nos ego actuels parviennent à remettre de l’ordre devant les errements et les questionnements de nos moi anciens !
Compliqué et tordu, certes, mais très clair quand on comprend que nous avons imaginé que les Explorateurs du Temps, lassés des errements de certains de leurs membres rétros aux caractères un peu trop bien trempés, ont décidé de ramener du vingt-et-unième siècle les incarnations futures des deux principales héroïnes, afin de les aider à réguler les tensions pouvant se faire jour.
Curieusement, cela marche plutôt bien, car étonnamment, entre les personnages préhistoriques entiers et pas franchement commodes parfois, et les réincarnations, les explications se font quasiment sans heurts, et les premières se rendent souvent à la raison grâce aux secondes.
Pourquoi cette longue explication tordue ? Parce qu’actuellement, Mimi doit relater ce qui se produit lors de l’été 3008 de notre saga, moment où Wang-Ka a pété le silex et a foutu un bordel monstre en virant Délian-Ka et Maïn son mari, ou plutôt en les éloignant de leurs refuges habituels, sous la pression de basses manipulations dont elle était la victime, ces basses manipulations exacerbant ses mauvaises tendances à la paranoïa et à la mégalomanie.
En effet, j’ai écrit la chose vue du côté de Wang-Ka et de mon moi actuel mêlé de façon tordue à cette saga, mais je crois que le récit, sincèrement, gagnera en profondeur et intensité avec l’apport des points de vue et des ressentis de Délian-Ka et de Mimi. Je comprends les atermoiements et hésitations de Mimi qui a peur, en écrivant ce qu’elle a sincèrement ressenti et éprouvé lors de ce passage difficile, de se fâcher vraiment contre moi, ce qui serait effectivement mérité, mais je la sais suffisamment intelligente pour faire comme moi la part des choses et la faire faire à ses personnages aussi, même si ce fut, pour eux, un passage difficile.
Bah, c’est à charge de revanche, je pense bien qu’un jour ou l’autre, elle aussi écrira des moments où Wang-Ka en prendra plein sa gueule poudrée d’éphélides ! On l’a déjà fait, on peut le refaire.
Et notre amitié n’en a pas souffert pour autant. De toute façon, une vraie amitié n’existe pas sans conflits ni divergences d’opinion, et si nous étions toujours du même avis sur tout, nous finirions par ne plus nous supporter non plus ! Il est donc normal que nous ayons des divergences, elles sont le sel de l’amitié et de la vie.
Mais c’est vrai que sensible et délicate comme elle l’est, Mimi a peur d’oser dire les choses, ce en quoi elle a tort, car rien n’est pire que les non-dits. Et si dire des horreurs sur Wang-Ka lui fait peur, qu’elle se rassure, je comprends très bien que cette peste rouge paléolithique le mérite bien, tout de même !
Et que cela n’interfèrera en rien avec mon quotidien, car cette histoire n’est en rien une aliénation pour moi, plutôt un défouloir, et un moyen idéal pour positionner mon questionnement sur la vie en général et les leçons qu’elle nous apporte. Une psychanalyse par l’écriture, en quelque sorte. Comme je ne suis pas parfaite, loin de là, même, cela me permet de mieux voir mes nombreux défauts et de mieux apprendre à juguler ces mauvaises tendances de ma personnalité quelque peu bordélique et tourmentée, c’est le moins que je puisse dire.
Je ne suis pas toujours fière de ce que j’écris, et les agissements de mes personnages m’échappent bien souvent. Mais il paraît que c’est justement quand on lâche la bride à son imaginaire et ses sentiments qu’on crée le mieux. Je le crois volontiers, même si ce passage que j’ai écrit sur cet été 3008 ne me rend pas vraiment fière de moi, c’est le moins qu’on puisse dire, d’ailleurs, je déteste relire ce passage, c’est dire si je me fais horreur, parfois !
Seulement, ce que j’ai écrit fait partie de ces mauvaises tendances de ma personnalité, et je reconnais malgré tout, que ces mauvaises tendances s’estompent avec l’âge, la maturité, le cheminement personnel que je fais depuis bien longtemps à présent. J’avoue même avoir atteint une certaine sérénité à ce niveau-là, que j’espère Mimi atteindra bientôt. Donc, Mimi, n’aie crainte à faire dire à Délian-Ka et ton doppelganger littéraire tout ce qui t’es passé par la tête à la lecture de ce que moi j’ai pu écrire et ressentir pour ce passage-là !
C’est vrai que les pauvres Maïn et Délian-Ka en ont quand même pris plus que plein la poire, là. Ce qui est arrivé ensuite à Wang-Ka était le juste châtiment de ses méfaits et de sa néfaste personnalité !
mardi 8 septembre 2009
Vince Mac Villard. Un recommencement.
Alaï Taï Bokhr
Les Gardiens des Siècles.
Depuis qu’on l’avait récupéré in extremis au XXI°siècle, Alaï, le clone du Néanderthalien V80, créé par des généticiens peu scrupuleux à partir des recherches effectuées au Max Planck Institute de Leipzig, suivait une formation poussée pour faire partie des troupes d’élite de la base intertemporelle. La plupart des Néanderthaliens qui vivaient à la base en faisaient d’ailleurs partie, assurant une force défensive et de sécurité proprement invincible.
Mais ce qui passionnait le plus le jeune homme, anciennement connu comme Vince Mac Villard, c’était le pilotage de vaisseaux spatio-temporels ou de navettes spatiales qui pouvaient aller d’un monde à l’autre ou traverser la Galaxie à une vitesse inimaginable, en générant eux-mêmes leur trou de ver, leur mini trou noir, raccourcis dans l’espace-temps leur permettant de franchir des distances effroyables en un clin d’œil relatif et une vitesse largement supérieure à celle de la lumière sans pour autant violer les lois de la physique einsteinienne, mais jouant en se riant des lois de la physique quantique.
Pour la première fois, depuis le début de sa formation, on lui avait confié les commandes de l’une de ces navettes, à bord de laquelle il devait exécuter une mission de routine, seul à bord, avec des rations nutritives, de l’eau, quelques bons livres électroniques, de la musique et quelques marchandises à troquer, çà et là, sur quelques mondes de l’Empire Toïnkien, cet empire mythique dont il avait appris l’existence grâce aux explorateurs du temps, l’empire qui était la seconde chance des siens, seconde chance qu’ils avaient brillamment saisie.
Seul dans l’espace, entre Goraïna et Taïnia, il songeait, aux commandes de sa navette, émerveillé par ce qu’il vivait. Il avait l’impression d’être Han Solo aux commandes du Millénium Falcon, et eu égard son allure, d’être aussi Chewbacca, le Wookie, le compagnon velu et costaud du contrebandier galactique de Star Wars, la saga qu’il adorait, quand il avait grandi au XXI° siècle.
«- George Lucas n’a jamais rêvé un truc pareil ! Ce que c’est beau ! On est vraiment peu de choses, devant une telle immensité et les merveilles qui s’y trouvent ! Je comprends comment, face à de telles choses, l’homme ait eu le besoin d’avoir des dieux, d’en référer à une conscience supérieure… Mais moi, après ce qui m’est arrivé, suis-je encore une créature digne de prétendre être un enfant de ces dieux ou simplement le fruit d’une expérience monstrueuse, sans âme ? Suis-je seulement un être humain, au départ ? L’homme que j’ai été et que je suis redevenu croyait fermement que tout dans l’univers était lié et que les forces qui animaient ce tout étaient divines, qu’on pouvait les craindre ou les adorer, qu’elles pouvaient nous détruire ou nous aider… Est-ce que je suis finalement Vince Mac Villard, ou bien Alaï Taï Bokhr akhr Weren Rakhéïn akhr Hoïa Rinaïa ? Mon éducation d’homme moderne n’arrive pas vraiment à cadrer avec celle de l’homme préhistorique que j’étais autrefois… Et pourtant, ces deux êtres, c’est moi ! Ça fait six mois que je suis membre de cette base intertemporelle, six mois que je ne cesse de vivre des choses extraordinaires, mais c’est bien la première fois que j’ai un peu de répit pour réfléchir à tout ceci, seul.
Qui suis-je, au juste ? Et que sera ma vie désormais ? Serais-je un éternel déraciné ? Retrouverais –je jamais des gens que j’ai aimés et connus autrefois ? J’ai beau chercher dans les archives de l’empire, j’ai bien trouvé plusieurs clans de Weren Rakhéïn, mais tous venaient de secteurs temporels différents de celui d’où et de quand je suis originaire… Que m’était-il arrivé exactement dans cette autre vie ? Tout ce dont je me souviens sont ces maudits cannibales, ces types qui étaient probablement les ancêtres des modernes, à voir leurs allures de faucheux ! Il faudrait que j’aie le courage, un jour, de voir, depuis le QG du Taïgorin, ce qui m’est arrivé, exactement, en lançant une sonde temporelle à Vindija, vers trente-huit mille ans avant l’ère chrétienne ! ! !
J’ai vraiment peur de ce que je vais découvrir. Et en même temps, il FAUT que je sache ! Bon sang, tout ceci est effroyablement compliqué ! Mon petit Vince, le principal c’est que tu sois en vie, non ? En vie. Mouais. Mais à quel prix ! ! ! Dire que c’est parce que ces maudits cannibales m’avaient fait bien cuire que mes gènes ont traversé le temps et qu’on a pu décrypter mon génome, et que d’autres savants, de vrais malades, ceux-là, m’ont créé à partir de ce dernier ! ! ! Je me demande bien avec quels gènes ils ont pu combler les vides qui subsistaient dans le génome originel… Ils avaient probablement des séquenceurs génétiques, mais enfin, tout de même… Quand je pense qu’il y avait des fous qui voulaient me cloner, certes, mais que le clone soit porté par une guenon ! ! ! Comme si je n’avais pas été un être humain ! Quand je pense qu’il y a des préhistoriens pour lesquels les seuls humains sont les hommes modernes ! ! ! Bon sang, et je suis quoi, moi, alors ? Tant pis, il faut que j’en aie le cœur net ! ! !».
La folie de Vince.
Hanté par ses doutes effroyables, le jeune homme tapa les coordonnées spatio-temporelles de la Terre en pleine glaciation, trente-huit mille ans avant l’ère chrétienne… Il se matérialisa à bord de son vaisseau au-dessus de la planète Bleue, plus blanche que bleue, à cause de la glaciation, et il s’orienta vers la Croatie. Là, il allait demeurer en stationnaire pour observer un peu ce qui allait se passer.
Trente-huit mille ans. Plus ou moins deux mille ans. C’était la datation à laquelle étaient parvenus les savants. Cela lui faisait un secteur temporel de quatre millénaires à surveiller. Heureusement que son vaisseau furtif se nourrissait du feu des étoiles ! Et que son combustible était pour ainsi dire éternel !
Il avait à son bord des provisions pour de longs mois relatifs, et en attendant, toute son attention allait se focaliser sur le secteur de Vindija.
Pour le moment, les habitants de Vindija étaient des Néanderthaliens idéalement trapus et hirsutes, d’habiles chasseurs plutôt paisibles, qui exploitaient sagement leur territoire et toutes les ressources qu’il pouvait donner.
Il sauta cinq siècles. Toujours des Néanderthaliens. Il sauta encore cinq siècles, et là… La grotte était occupée par un clan de modernes ! Il n’y avait plus trace des anciens occupants, aussi, remonta-t-il, siècle par siècle…
La rencontre.
En l’an trente-neuf mille quatre cent dix-huit avant Jésus-Christ, le 27 août, exactement, ils étaient arrivés !
Le 27 août à six heures cinquante-deux du matin ! ! !
Les Rakhéïn se réveillaient à peine. Ils avaient bien chassé, la veille, et ils avaient célébré cette excellente chasse par un banquet à tout casser. Ils étaient donc un peu fatigués, et ils n’avaient pas pensé à surveiller leurs arrières, leur territoire était immense, et qui aurait pu songer à leur faire du mal ?
Tous les clans voisins étaient leurs amis !
Les étrangers, grands, maigres, dépenaillés et assez malpropres se dirigèrent vers le grand feu qui signalait l’entrée de la grotte d’un pas sûr. Le guetteur, qui était là plus à jouer un rôle symbolique qu’autre chose, se réveilla soudain en sursaut, en entendant des pas. Il n’eut pas le temps de se redresser tout à fait et de donner l’alerte, une fine sagaie se planta droit dans son cœur, lancée d’un propulseur habile par un type encore plus grand et dépenaillé que les autres ! Ils étaient noirauds, avec de longues faces plates aux yeux exorbités, noirs et féroces.
Le Rakh, lui, sortit de sa tente en s’étirant, bâillant et se grattant le dos, et il avisa les étrangers, surpris. Puis il vit son guetteur, mort ! Effaré, il expliqua vertement aux étrangers qu’on ne tuait pas les gens comme ça, mais les autres ne comprirent rien à son discours, et, ricanants, il lui envoyèrent la mort dessus, à lui aussi, grâce à une autre de ces petites armes si fragiles en apparences, si ridicules qu’elles prêtaient plutôt à rire qu’autre chose si elles n’avaient si sûrement porté la mort !
Vince, horrifié, assistait au massacre des siens… Bientôt, les étrangers pénétrèrent dans les tentes des Rakhéïn et firent sortir tous les habitants du camp, mal réveillés et stupéfaits, horrifiés quand ils virent leur guetteur et leur chef, morts !
Les brutes emmenèrent bientôt avec eux une jeune femme aux longs cheveux de soleil, qui se débattait comme une belle tigresse et réussit à assommer ses deux agresseurs sans difficulté apparente, qu’une pierre de fronde, habilement lancée, abattit d’un coup ! Les yeux de Vince s’emplirent de larmes.
Cette jeune femme, c’était sa sœur, Taïa ! Bon sang ! ! ! Les Rakhéïn, costauds comme ils étaient, ne se laissaient pas faire, et ils se défendaient hardiment, mais les armes de jet de quelques ennemis restés en retrait eurent tôt fait de massacrer les récalcitrants ! Et le pire, c’est qu’ils tuèrent aussi, sans pitié aucune, tous les Rakhéïn, du plus âgé, Taï, son propre père, au plus jeune, la petite Roïna qui avait à peine quelques lunes !
Aux commandes de son vaisseau furtif, Vince, via les écrans de contrôle de son appareil, voyait en direct le massacre, retransmis par les drones microscopiques qu’il avait envoyés dans le secteur… Épouvanté, il assistait, impuissant, au massacre de ceux qui furent les siens, il y avait si longtemps !
Le soir même, les étrangers avaient pris possession de la grotte, et de tout ce qu’elle contenait, sans aucune vergogne. Ils s’approprièrent les tentes, les objets, les peaux et fourrures, les provisions… Cependant que leurs anciens propriétaires, dûment démembrés et dépecés, cuisaient sur de larges pierres chauffées à blanc ou à l’étouffée !
C’était proprement insoutenable ! Vince aurait voulu fondre sur ces monstres, et les châtier, tel le Feu du Ciel, mais on ne devait pas changer l’histoire, c’était la loi implacable des Gardiens des Siècles.
Tard dans la nuit, il avisa dans l’ombre la silhouette râblée d’un jeune homme brun qui s’éloignait, furtivement, du camp dévasté, avant de prendre la fuite à la course, vers le nord. Malaï, son jeune frère, l’inique survivant du massacre, que les ennemis n’avaient pas vu !
Vince lança ses drones à la suite du garçon, et il découvrit bientôt le camp où il avait vécu avec sa douce et belle Maïaka aux cheveux et yeux d’or ! Les Traïnen Rakhéïn akhr Taïa Moïa, insouciants du danger qui les guettait, reçurent le jeune messager à bout de souffle, plus mort que vif, qui tomba près du grand feu sacré de leur camp, épuisé, avec stupeur. Ils le réveillèrent doucement, et quand il leur raconta ce qui était arrivé, les Traïnen-Rakhéïn décidèrent d’une expédition punitive pour venger le clan de leur ami Alaï qui était un chaman hors pair et que leur clan avait adopté, puisqu’il était devenu l’époux de leur Rakha, Maïaka, et le père d’un très mignon Alaïrin.
Les pauvres gens étaient effarés. Qu’étaient donc ces monstres sortis tout droit des méats putrides de Taïa-Araakh elle-même ?
Choc temporel.
Halluciné, Vince suivait les événements, incapable de détacher ses yeux des écrans qui retransmettaient le drame de son ancienne vie et de son ancienne mort…
Les membres du clan des Traïnen-Rakhéïn décidèrent d’aller se cacher dans les montagnes qui se trouvaient à quelques lunes de marche de là… Mais les plus solides et courageux décidèrent d’abord d’aller châtier ces assassins sans âme, et pendant que les uns partaient vers les monts salvateurs, les autres partirent par le chemin qu’avait suivi Malaï quelques jours plus tôt.
À quelques heures de marche de l’ancien camp d’Alaï, ils virent des empreintes longues et fines sur le sol, des traces de pas comme ils n’en avaient encore jamais vues, auxquelles s’attachait une odeur de graisse rance, de sueur, de gens et de cuir malpropres. L’odeur des étrangers si cruels et si longs !
Alaï, en tête du groupe, comme son jeune frère, regardait autour de lui, circonspect. Les empreintes étaient fraîches. Ils n’étaient pas loin ! Le reste des Rakhéïn les rejoignit, Malaï et lui, mais ils n’eurent pas beaucoup de temps pour décider d’un quelconque plan… Les autres leur tombèrent dessus comme la famine sur une meute de loups, l’hiver ! Ils se défendirent vaillamment, comme se souvenait Vince, mais ils succombèrent tous, sous les coups des armes de jet légères et mortelles, précises et cruelles, et Vince assista à la fin lamentable d’Alaï, à sa fin, il y avait si longtemps ! Les envahisseurs les avaient piégés, ils les avaient traqués et tués comme on traque et tue un gibier de choix ! Ils leur avaient volé leurs provisions, leur camp, leurs maigres biens, et, surtout, leurs vies ! Les deux derniers à survivre à l’agression étaient Maïaka et lui, dos à dos, qui défendaient chèrement leurs vies, et qui finirent lardés de sagaies aurignaciennes de la tête aux pieds !
Haletant, inondé de sueurs froides, Vince assista à l’effroyable scène de carnage qui s’ensuivit…
Et à ce moment-là, quelque chose d’étrange se produisit ! Sous le choc de l’horreur, il s’évanouit, et quand il revint à lui, il n’était plus tout à fait le même homme.
Il revint à lui, étrangement apaisé. On lui avait donné une seconde chance. Il allait aider à la sauvegarde de tous les Néanderthaliens dans d’autres mondes, et son sacrifice n’avait pas été vain, puisqu’il pouvait lutter contre la fatalité…
Pendant que les drones avaient retransmis touts ces événements, il avait aussi accumulé suffisamment de données pour qu’on pût sauver in extremis tous ces gens qu’il avait aimés autrefois. Les Gardiens des Siècles pouvaient le faire. C’était là même leur raison d’être ! Sauver les Néanderthaliens des exactions des modernes ou autres !
Nanti de données impressionnantes et effroyables, il regagna son secteur temporel initial, à la seconde même où il l’avait quitté, sans qu’aucun des satellites de surveillance de l’empire n’enregistrât quoi que ce fût d’anormal.
Retrouver Maïaka, Taïa, Malaï, tout ceux qu’il aimait ! On pouvait le faire. D’un autre côté, ce qui était arrivé là était dans la lignée historique connue, et on ne devait pas changer le passé.
On ne devait pas changer le passé, car cela modifierait l’avenir. Et cette ligne temporelle ne devait en aucun cas être modifiée. Mais une chose à présent était sûre. Il n’était pas fou, ce qu’il avait toujours eu dans la tête était réellement arrivé, mais une certitude s’était fait jour en lui. Les âmes des siens étaient libérées de cette vie rude, et elles faisaient à présent partie du Grand Tout, ce que les siens autrefois nommaient Moïa. Il avait la certitude que cette entité existait, à présent. Il avait en lui une force qu’il n’avait jamais sentie auparavant. Et il comprit.
En assistant à sa propre mort, il avait récupéré l’âme de celui qu’il avait été autrefois, et cette âme, au lieu de s’envoler vers ce Grand Tout, avait récupéré le corps qu’on avait recréé ! Le corps de celui qu’on avait appelé Vince et qui était lui, Alaï, ressuscité d’entre les morts, rescapé de l’horreur ! Les esprits lui avaient octroyé une nouvelle vie, d’une manière bien étrange, mais il devait à présent mener cette nouvelle vie avec sagesse, et en profiter pleinement pour faire le bien autour de lui. C’était ce qu’auraient voulu les siens. Il percevait leurs esprits sereins, qui le consolaient en lui disant de ne pas pleurer, que la mort n’était qu’un passage plus ou moins compliqué, mais qu’un esprit libéré de la matière avait une puissance infinie, et que cette puissance suffisait pour faire pousser les arbres, grandir les montagnes, faire souffler le vent et tomber la pluie ou la neige, qu’elle était le feu des étoiles, celui du foyer et celui de la vie… Son esprit, en état de choc, égaré par ce qu’il venait de revivre, refit un voyage, comme quand le vieil Homer Greyhawk de la réserve indienne qui jouxtait la ferme des Mac Villard, dans les Rocheuses, l’avait initié à ses secrets et il vit.
Il vit l’Univers de sa naissance à sa mort, et les milliards d’existences de toutes les étoiles et des créatures qui vivaient sur les mondes qui gravitaient autour d’elles. Il vit le chaos infini et l’ordre parfait des atomes des cristaux, le début et la fin de toute chose, il sentit la joie, l’amour, la douleur et la peur, et surtout, qu’il faisait partie de tout cela, qu’il avait sa place et qu’il était utile.
Épuisé, il sombra dans une léthargie sans rêves.
«- Alaï ? Alaï Taï Bokhr akhr Weren Rakhéïn akhr Hoïa Rinaïa ? Ici Anaïak Aïnak Bokhr akhr Soïren Marrakhéïn akhr Goran Altaïn ! Mais qu’est-ce que tu fous, mon vieux ? Tu dors ?
- Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? fit Alaï, réveillé en sursaut !
- Ben mon vieux, réveille-toi ! On dirait que tu as vu un fantôme ! Si tu voyais ta tête ! riait la belle voix grave d’Anaïak, tout comme son inénarrable hologramme, dans la cabine de commandes du vaisseau d’Alaï.
- Mais, heu… fit le pauvre Alaï, confus.
- Toi, je sais ce que tu as. Nos détecteurs ont perçu un déplacement temporel très bref dans ton secteur… Tu as momentanément déserté ton poste pour aller voir ce qui t’était réellement arrivé dans le passé, pas vrai ? Normal. Tous les Gardiens des Siècles font ça, un jour. T’en fais pas, nous sommes les seuls, sur le Taïgorin, à l’avoir détecté… L’État-Major toïnkien n’en saura rien, va, tu ne te retrouveras donc pas dans un bataillon disciplinaire sur un monde pourri ! Mais enfin, tout de même, ce n’était pas très prudent, ça ! Tu aurais pu faire les mêmes observations depuis le Taïgorin ! dit Anaïak, un peu sévère.
- Oui, mais je n’ai pas osé vous en demander la permission… Je pensais que vous refuseriez ! dit Alaï, penaud.
- Ton passé te hantait. Ta première vie t’avait traumatisé. Il fallait que tu affrontes à nouveau tes démons pour exorciser tout cela ! C’est notre lot commun à tous, ici, tu sais ! C’est une catharsis terrible, mais quand on a le courage de l’affronter, on a plus de force pour recommencer autre chose, après. De toute façon, nous sommes là, si tu as besoin de réconfort, nous sommes tous tes amis, n’oublie jamais ça. Tu n’es plus seul, et tu ne le seras jamais plus ! Allez, file livrer ta cargaison à Moïa-Bokhra, toi, avant que les commanditaires ne te bottent le train ! ! !».
La communication s’interrompit. Alaï reprit les commandes de son engin, serein. Une nouvelle naissance. Une nouvelle vie. Oui. Et il était prêt à y faire face, désormais !







