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jeudi 8 janvier 2015

Le Néandertal en nous_Arte

Un documentaire passionnant histoire de se remettre de nos émotions, et de revenir au thème principal de ce blog.. Bon visionnage ! Quasiment une heure de pur bonheur !!!

dimanche 31 mars 2013

Une love story très ancienne, qui a eu des résultats !

En ce jour de Pâques, une nouvelle est arrivée qui prouve ce que la génétique à trouvé chez nous, il y a eu des métissages autrefois entre Cro-Magnon et Néanderthal ! Et ces métissages ont porté leurs fruits, on a découvert un bout d’ossement du premier métis officiel de ces deux humanités qui nous ont faits !
C’est Emmanuel Roudier, Marc Klapczynski et Jacques Malaterre qui vont être contents ! Les enfants  d’Ao et d’Aki, de Vo’hounâ et de Cheval-Cabré ont laissé leurs traces dans les pages du grand livre du temps ! Non, ce ne sont pas des gènes communs aux ancêtres d’Homo Sapiens et de Néanderthal qui sont en nous, mais bien des gènes prouvant qu’il y a eu un mélange, et finalement bien plus récent que ce que l’on pensait initialement !
Le-Monde2-NeandertalCL
Très jolie illustration réalisée par Emmanuel Roudier illustrant cette rencontre. ©Emmanuel Roudier.
Comme quoi, les intuitions des artistes sont souvent merveilleuses ! Et les découvertes de la science ne le sont pas moins ! Je me demande quelle drôle de bouille devaient avoir les gamins, tout de même…
Cela change un peu des précédentes hypothèses sur la disparition de Néanderthal affirmant toutes deux de différentes manières qu’il était trop con et d’une pour chasser des lapins, et en crever de faim, et de deux, à cause de ses trop grandes mirettes et de ses trop grands centres visuels qui auraient entraîné chez lui une moins grande socialisation que chez iles modernes, et de ce fait, une disparition faute d’union entre ses potes et lui… Cette découverte est finalement bien plus encourageante pour la vision que nous avons des deux humains du passé, et permet de penser que si Néanderthal a disparu, ben c’est parce que Cro-Magnon et lui se sont beaucoup rapprochés et câlinés !
Les deux thèses loufoques concernant ces histoires de lapins et de grands yeux ayant été répandues à loisir dans tous les médias, je préfère vous donner les liens sur la PREUVE CONCRÈTE ET SÉRIEUSE que ce qui est dans nos gènes est juste le fruit d’une mignonne histoire d’amour allant au-delà des différences et des coutumes !
L’article de Plos One, tout d’abord, site référent pour tous les préhistoriens du monde entier :
Ensuite, un article en français reprenant cette jolie découverte :
Voilà, c’est drôlement cool, tout de même !

mercredi 6 mars 2013

Encore des nouvelles néanderthaliennes...

Depuis quelques temps, un article paru chez Futura Sciences fait la part belle à l'hypothèse selon laquelle notre vieil ami trapu n'aurait pas été fichu de savoir chasser les lapins et serait donc mort de faim à cause de ça... Foutaise et billevesées, rétorquent nombre de scientifiques, car notre vieil ami était suffisamment adroit et futé pour poser des collets et tendre des pièges, n'en déplaise aux fâcheux !
Voilà le lien vers cette hypothèse consternante :
Il va de soi que l'establishment scientifique bouillonne, depuis la parution de cette nouvelle hypothèse, et que notre pauvre Néanderthal en prend une fois de plus plein son nez imposant !
Mais, plus réjouissant, notre ami Emmanuel Roudier a enfin pu finaliser l'intégrale de Vo'hounâ, qui paraîtra en noir, blanc et rouge, chez Errances, une filiale des éditions Actes Sud, au début du mois de Juin !
Il en parle avec brio dans cet article :
En illustration de l'article, la photo de la maquette de la couverture de l'ouvrage en question... Mais allez donc le lire chez lui, vous serez ravis !
En attendant, voilà Vo'hounâ telle qu'Emmanuel l'avait imaginée au tout début de sa saga :
Vo'hounâ, la mignonne chamane de Néanderthal.  ©Emmanuel Roudier.
A l'époque, les trois premiers tomes de la saga étaient parus en couleurs directes. Et puis Manu était reparti chez lui avec ses dessins sous le bras, laissant les lecteurs sur leur faim, puisque le quatrième tome de la saga était resté dans les cartons, en projet, depuis dix ans, suite à une histoire un peu compliquée !!!
Ce que j'admire chez Emmanuel, c'est qu'il arrive, malgré le temps qui passe, à garder dans ses mains et son esprit ses personnages, et que, même s'il retouche ou reprend ses dessins des années après, il n'y a pas de hiatus, tout cela semble tel qu'au premier jour, au premier jet ! Non qu'il n'ait pas évolué au cours du temps, tout le monde le fait, mais il est capable de REVENIR à ce qu'il faisait des années auparavant et de RETROUVER le coup de main de l'époque... C'est, selon moi, la marque d'un talent époustouflant !
Bref, j'attends avec impatience le mois de juin pour tenir entre mes mains cette œuvre remarquable et en connaître enfin le dénouement !!!  

jeudi 23 août 2012

Génétique : hommes modernes et hommes de Neandertal ne se sont peut-être pas mélangés - Le Point

Cette information porte encore un coup cruel à ce pauvre Néanderthal qui ne demandait rien à personne depuis plus de vingt-huit mille ans ! On pensait que cet homme trapu et robuste au drôle de visage et à la tête massive avait pu se mêler à nos Cro-Magnons d’ancêtres, mais d’après cet article-ci, cité en lien ci-inclus, que nenni, que nenni, ma brave dame !
Horreur, malheur, stupéfaction et désarroi ! Quoi ? Nos ancêtres, fauter avec ce vilain type patibulaire ? Mais vous n’y pensez pas !!! Ces un à quatre pour cents de gènes étranges venus d’ailleurs qui déparent le génome des Eurasiatiques proviendraient d’un ancêtre commun aux deux lignées Mais oui ! Bien sûr ! Et moi, je suis avec les marmottes à envelopper le chocolat dans du papier d’argent !!!
Très beau Néanderthalien reconstitué par Mauro Cutrona.
 
Ah ça les embête, ça, hein, qu’il ait pu y avoir des humains suffisamment tolérants et autrement ouverts d’esprit qu’eux par le passé, pour passer outre leurs différences ! Si ça se trouve, ils ont de gros problèmes avec les gens qui ne sont pas de leur milieu ni de leur couleur, les auteurs de cette “découverte”!
Ben ce n’est pas brillant, et ce n’est pas bien joli non plus. L’anthropologie et la Préhistoire dansent le tango, c’est à croire ! Un pas en avant, deux en arrière, et tournez donc en levant la jambe !!!
L’infâme nouvelle s’est d’ailleurs répandue dans d’autres médias, dont voici un exemple ici… Honte à eux !
Franchement, je trouve cette idée très contestable. Ces deux types humains étaient finalement très proches, n’oublions pas que seulement 0,2% de différence génétique nous séparent de Néanderthal, que tant Néanderthal que Cro-Magnon avaient des conceptions métaphysiques, des cultures, des parures, qu’ils chassaient d’une manière émérite, qu’ils enterraient leurs morts et éprouvaient de la compassion pour leurs semblables et visiblement aussi de l’affection… Ils ont été contemporains pendant plus de dix mille ans en Europe, plus du double de la durée qui nous sépare de la construction de le Pyramide de Khéops à l’époque actuelle, ce qui n’est pas rien !
Certes, à l’époque, la Terre était immense, l’Eurasie étendait des steppes et toundras, taïgas et forêts infinis, et les gens étaient vraiment, Anciens et Modernes confondus très peu nombreux ! Mais de là à croire que ces séquences génétiques particulières ne proviendraient que d’un ancêtre commun, non, là, franchement, non !
Bref, en résumé, ce pauvre Néanderthal est, encore une fois de plus ostracisé et victime du délit de sale gueule. Pas cool. Et pas brillant non plus ! Certes, je ne dis pas qu’ils étaient parfaits non plus, il devait bien y avoir certain quota de teignes musculeuses et malpolies chez eux aussi, mais des cons et des génies, il y en a eu partout et de tous temps, donc… Donc, cette idée est vraiment discutable et je trouve qu’elle a des relents racistes fort nauséabonds !
Pour nous consoler, voici une vidéo sortie quand le film "Ao le dernier Neandertal" de Jacques Malaterre était passé sur les écrans, où Monsieur Pascal Picq explique que oui, les deux hommes avaient pu se rencontrer, et que oui, ils avaient pu se mêler gentiment !!!







    <br><h2> Notre cousin Neandertal</h2> <br><p> <p> À l'occasion de la sortie du film de Jacques Malaterre <em>Ao, le dernier Neandertal</em>, le paléoanthropologue&nbsp; <a href="http://www.universcience-vod.fr/nom-pascal-picq.html">Pascal Picq</a>&nbsp; nous explique, croquis à l'appui, les raisons de la disparition de notre plus proche cousin il y a environ 30 000 ans.</p> </p> <br>
 

mercredi 20 juin 2012

Qui a osé taguer le premier ?

Depuis quelques temps, la Préhistoire mondiale est au taquet ! En effet, on a découvert, par de nouvelles méthodes de datation, que les peintures rupestres de plusieurs sites espagnols sont beaucoup plus anciennes que ce que l’on pensait jusque là, de telle manière qu’un doute se crée quant à leurs auteurs éventuels ! Si on se réfère à ces datations, ce serait Néanderthal, l’artiste ! Si on soutient l’idée d’un Néanderthalien différent et pas doté des mêmes capacités que nous, au niveau cognitif et intellectuel, ça n’est pas possible, et ça impliquerait que ce soit Cro-Magnon, arrivé dans le coin bien plus tôt que ce qu’on supposait, l’auteur des dessins et autres signes ou mains négatives et positives ! Je pencherai plutôt pour le fait que ce soient les deux sortes d’humains qui ont commis ces œuvres, les uns s’inspirant des autres, et inversement ! Le souci, c’est qu’il est très difficile de prouver qui sont les auteurs au juste, voir ce qui est arrivé lors de la controverse de Nerja, dont j’ai parlé ici il y a quelques mois. Mais honnêtement, Néanderthal est trop proche de nous pour ne pas avoir eu l’idée, lui aussi, de faire des dessins ! Certes, mais les préhistoriens objectent probablement non sans raison, que le style de ces dessins est dans la continuité de ce qu’on connaît déjà de l’art préhistorique, de Chauvet à Lascaux, en passant par Altamira et tant d’autres… Si vous voulez avoir une idée de tout ce que ceci entraîne comme débats, vous pourrez aller sur ce groupe Facebook : Pour ceux que ça amuse d'avoir quelques gènes de Néanderthal en eux.
Voici, en outre, deux liens supplémentaires pour vous faire une idée de la chose :
FranceTV Infos
Sciences et Avenir
Libération
il y en a plein d’autres, en anglais et espagnol, voire même en allemand. Là, je vous ai donné les deux tendances.
J’ai bien une idée sur la chose, pas vraiment académique… A savoir, que le style en question, très abouti des le départ, est celui que Néanderthal aurait pu avoir, et que Cro-Magnon s’en est inspiré, mais bon, il ne faudrait pas croire non plus qu’ils ont inventé la mécanique quantique, hein, même si l’idée est séduisante !!! LOL !
Il faudra encore attendre quelques temps avant d’avoir une vision plus claire des choses, et peut-être des preuves qui confirmeront ou infirmeront l’hypothèse, dans un sens ou dans l’autre ! Mais en attendant, tout le monde est sur les charbons ardents !
En attendant, voilà un joli dessin d’Eric Le Brun, qui illustrait l’hypothèse de Néanderthal artiste, pour illustrer aussi cet article !
76664283 

mercredi 21 mars 2012

le Peuple du Cerf Rouge...

Après Denisova, on a trouvé un autre bonhomme franchement peu ordinaire ces temps derniers... Voici quelques liens qui en parlent :

Crâne et reconstitution artistique de l'ancêtre... © Peter Schouten/Darren Curnoe / Montage Le Point.fr 
Voilà de quoi se faire une idée de l'ancêtre... Encore un !!!
Un contemporain de Denisova, Néandertal, Florès et Cro-Magnon... Dingue !!!  

jeudi 1 mars 2012

Petit abécédaire de Sarkozy - AgoraVox le média citoyen

Délectable, que du bonheur pour les amateurs de pataphysique politique et démagogique... Personnellement, sa vision de la préhistoire me ravit... Était-ce de la prémonition ? Eu égard la trouvaille de Nerja, on pourrait le croire... LOL !!! 

Néandertal a-t-il décoré la grotte espagnole de Nerja ? - universcience.fr

Alors là, c'est la dernière grosse controverse du moment ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi notre cher bonhomme trapu et costaud n'aurait pas lui aussi eu des velléités pariétales comme son compère sapiens, non mais des fois !!! Mais bon. Rien ne dit que dessins à l'ocre et cendres aient été contemporains. Rien ne plaide en faveur du contraire non plus ! Alors... Mais ça tempête drôlement du côté des préhistoriens en ce moment !!! Un sacré brainstorming, même !!! Et il y en a qui sont toujours réticents à l'idée que notre ami ait pu avoir des côtés artistiques et le sens du beau... Ça devient pénible ! Parce que rien que leurs outils de pierre, eh bien, ils avaient de la gueule !  
  

vendredi 10 février 2012

Les plus vieilles peintures pariétales du monde, faites par Néandertal ? | Paléoanthropologie


Reprise dans le blog Paléoanthropologie de cette bombe archélogique incroyable : on a trouvé à Nerja, en Espagne, une grotte dont les dessins auraient 42 000 ans, AVANT que Sapiens ne mette les pieds en Europe occidentale, et donc, PENDANT que l'Homme de Néanderthal habitait dans le coin ! Les 5 dessins représentent des animaux marins, dessinés à l'ocre rouge, et on a trouvé au sol des charbons qui ont permis cette datation. Le souci est :
  • Premièrement, la difficulté de certains préhistoriens à admettre chez Néanderthal la capacité d'abstraction nécessaire à la conception d’œuvres d'art, nonobstant la qualité de la taille de ses outils de pierre, le fait qu'il ait collectionné certains objets et fossiles curieux, qu'il ait utilisé ocre et manganèse et confectionné des parures en matières naturelles... Et enfin, que visiblement, il était sensible et respectait ses morts et soignait ses malades.
  • Deuxièmement, que l'on n'a pas daté l'ocre des dessins, car cela entraînerait de devoir en prélever un peu et donc d'altérer les œuvres, même d'une manière infinitésimale. On n'a en effet pas trouvé de coulée de couleur qui serait mêlée aux charbons analysés, ou de gouttes de couleur qui seraient tombées sur le même niveau de sol.
  • Troisièmement, si ça se trouve, l'arrivée de Sapiens est antérieure à ce qu'on supposait... Mais où sont les vestiges gravettiens qui le prouveraient ? 
  • Quatrièmement, le style des dessins ne diffère en rien de celui d'autres grottes ornées de cette zone, attribuées à Sapiens... Et si on s'était trompé dès le départ ? Car ce style de dessin est quand même différent de ce qu'on trouve ensuite. 
Trop timides pour oser bousculer d'un coup l'idée comme quoi SEUL l'homme moderne aurait eu l'idée de taguer, les savants ? On sait déjà qu'entre Néanderthal et nous, les différences n'étaient grosso-modo que physiques et culturelles... Que cognitivement, en dépit de la forme particulière de son cerveau, son comportement ne différait pas vraiment de celui de nos ancêtres, qu'il parlait, que c'était un excellent chasseur et un non moins excellent artisan, qu'il maîtrisait parfaitement le feu, organisait son habitat de manière tout à fait comparable à ce que faisaient les Cro-Magnons, qu'il mangeait de tout, avec une nette préférence pour la viande, certes, mais tout comme Sapiens, à la même époque... 
D'ailleurs, si ces différences avaient été si énormes, certains et certaines des deux humanités ne se seraient pas gentiment accouplés pour nous léguer quelques gènes qui posent encore question, d'autant que certains seraient impliqués dans le développement du cerveau et certaines maladies mentales quand ils s'activent chez nous... D'un autre côté, ce lointain mélange a accru nos défenses naturelles, en Europe et en Asie... 
Donc, le mystère reste entier, bien que je pense, nonobstant certains, que Néanderthal a été le professeur de Cro-Magnon quand il est arrivé sur ces territoires inconnus au climat redoutable et aux animaux qui ne l'étaient pas moins. On a souvent prétendu que Néanderthal s'était acculturé à l'arrivée de Sapiens... Et si l'acculturation avait marché dans les deux sens, et que l'idée d'orner les grottes vienne du professeur ?
Rêvons ! Je ne vois pas pourquoi cela n'aurait pas été possible.
La reconstitution très sympa de l'Homme de Spy, un Néanderthalien trouvé en Belgique au cours du XIX° siècle, réalisée par les frères Kennis, ci incluse, présente un être tout à fait humain, doté d'une bouille sympathique, même si elle paraît, a priori, un peu taillée à la hache en silex... C'est un bonhomme qui a un air tout à fait sociable et fréquentable, nonobstant ses différences avec nous. Qui nous dit que ce type de gars n'aurait pas été capable peu ou prou des mêmes choses que nos Cro-Magnons ? Vivement qu'on réussisse à dater cette fichue ocre !!! 

 

samedi 21 janvier 2012

Neanderthal et nous...

Un article passionnant de Futura Sciences, en lien ci-dessus et reproduit in extenso, images comprises, ci-dessous.

L’Homme de Néandertal a disparu... parce qu'il nous était proche

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences 
L’Homme de Néandertal est un rustre qui vivait en concurrence avec l’Homme moderne. Son incapacité à s’adapter aurait causé sa perte. Ces trois idées reçues pourraient voler en éclat. Une modélisation informatique conclut en effet que Néandertal avait un comportement aussi sophistiqué que le nôtre. C'est justement pourquoi il se serait hybridé avec notre espèce et donc pourquoi il aurait disparu...
 L’Homme de Néandertal, Homo neanderthalensis, n’est ni l’ancêtre, ni un descendant de l’Homme moderne Homo sapiens. Ces deux homininés auraient cohabité plus de 10.000 ans durant la fin de la dernière glaciation, jusqu’à ce que H. neanderthalensis disparaisse il y a environ 30.000 ans. Mais au fait, pourquoi a-t-il disparu ? 
De nombreuses hypothèses existent. On dit qu'il aurait eu des capacités intellectuelles, d’adaptation et culturelles, inférieures aux nôtres. Il aurait perdu contre l’Homme moderne dans des luttes de territoires. Raisonnement plus radical : Homo sapiens pourrait avoir commis un génocide en exterminant ses concurrents. Ces trois possibilités s’appuient sur la supériorité de notre espèce.
Face à la grande diversité des hypothèses proposées, Michael Barton, de l’université d’État de l’Arizona, et ses collègues ont développé un modèle basé sur l'observation de 167 fossiles ou de preuves de vie trouvés en Europe orientale. En tenant compte également du climat de l'époque, ce programme informatique a examiné la manière dont les homininés ont migré et évolué biologiquement et culturellement durant la fin du Pléistocène (entre 128.000 et 11.500 ans avant notre ère). Les résultats, publiés dans Human Ecology, confirment une nouvelle hypothèse proposée en 2010. L’Homme de Néandertal et l’Homme moderne se seraient mélangés. Nous partagerions en effet 2 à 4 % de notre génome en commun. 

Les squelettes de l'homme de Neandertal et de l'homme moderne sont relativement similaires. Homo neandertalensis est cependant plus trapu qu'Homo sapiens.
Les squelettes de l'Homme de Néandertal et de l'Homme moderne sont relativement similaires. Homo neanderthalensis (que l'on voit ici) est cependant plus trapu qu'Homo sapiens. © Claire Houck, Flickr, CC by-sa 2.0
Les grandes capacités d’adaptation de l’Homme de Néandertal
Face aux changements climatiques importants survenus il y a 40.000 ans, l’Homme de Néandertal aurait été en mesure de s’adapter. Il aurait migré vers des lieux plus propices à sa survie. L’Homme moderne agissant de manière identique, les deux espèces pourraient avoir partagé de plus en plus d’interactions biologiques et culturelles. Ils chassaient sur les mêmes territoires, buvaient dans les mêmes points d’eau et vivaient parfois dans les mêmes lieux (exemple : la grotte aux fées il y a 38.000 ans). Homo neanderthalensis a donc su s’adapter aux conditions climatiques et à la présence de l’Homme moderne. Il était plus souple et astucieux que prévu. Mais pourquoi a-t-il disparu alors ? 
Selon le modèle, l’augmentation du nombre d’interactions pourrait être mise en relation avec l’extinction de l’espèce. Les deux homininés se seraient tellement bien entendus que ces deux espèces se seraient hybridées. Des unions qui auraient eu lieu au détriment de la majeure partie du génome de l’Homme de Néandertal. Les résultats de ce modèle basé sur des variables biologiques, comportementales et environnementales viennent donc confirmer l’hypothèse émise en 2010 sur la base d'études moléculaires. Les deux espèces se seraient mélangées.
Pourquoi n’a-t-on jamais découvert d’hybrides ? Ils ont probablement été trouvés mais ont ensuite été considérés comme appartenant à l'une des deux espèces. En effet, comment reconnaître un hybride lors d’études morphologiques ? 
L’utilisation de modèles informatiques fournit des résultats objectifs dépourvus d’aprioris. Selon cette nouvelle étude, l’Homme de Néandertal aurait été absorbé biologiquement et culturellement par l’Homme moderne. Ces deux espèces devaient avoir des comportements similaires. C'est pourquoi l'Homme de Néandertal se serait volontiers hybridé avec l'Homme moderne. Présent en minorité dès le début, il aurait disparu progressivement au cours du temps. Finalement, il n’était pas si rustre que cela.
Bien sûr, une modélisation ne donne pas des certitudes, mais des probabilités…
 L'Homme de Néandertal aurait vécu en Europe et en Asie de -120.000 à -30.000 ans avant notre ère. Sa taille moyenne devait être comprise entre 1,55 et 1,65 mètre. Il fabriquait des outils et maîtrisait le feux. © <em>American Museum of Natural History</em> 
L'Homme de Néandertal aurait vécu en Europe et en Asie de -120.000 à -30.000 ans avant notre ère. Sa taille moyenne devait être comprise entre 1,55 et 1,65 mètre. Il fabriquait des outils et maîtrisait le feux. © American Museum of Natural History

J'aime beaucoup cette idée, autrement positive que celle de l'élimination de ces gens parce que trop différents ou trop stupides... Imaginer qu'ils aient pu attirer les hommes modernes ou que les modernes aient pu être attirés par eux, c'est autrement positif et valorisant pour le genre humain tout entier. Faites l'amour pas la guerre, c'est quand même bien plus sympa ! Bon, il a dû y avoir des coins où ça n'a pas dû se faire tout seul, mais je pense qu'en général, comme les gens n'étaient pas nombreux à l'époque et que les Néanderthaliens connaissaient le terrain bien mieux que les Sapiens qui débarquaient, tout ceci a dû se faire sous l'égide d'une collaboration tout à fait positive et tranquille. Et tant mieux.

 
 

mardi 29 novembre 2011

Pour ceux que ça amuse d'avoir quelques gènes de Néanderthal en eux.

Pour ceux que ça amuse d'avoir quelques gènes de Néanderthal en eux.
C'est le nom du groupe Facebook que j'ai créé, en dehors de mon profil FB, et qui réunit toutes sortes d'infos passionnantes sur nos ancêtres et auquel contribuent toutes sortes de chercheurs connus et reconnus dans leur partie ! Certaines des infos sont aussi répercutées sur ce blog. Mais si vous les voulez en continu, allez voir chez moi. Faites-moi une demande d'inscription, si vous voulez contribuer ou y accéder plus facilement, et hop, vous y serez ! Le lien en en-tête de l'article mène directement dans le groupe ! 

lundi 28 novembre 2011

L'homme de Néandertal, victime de son succès ?

L'homme de Néandertal, victime de son succès ?
Hihi, voilà un article que je trouve très amusant ! Les charmes veloutés du petit trapu au genre de beauté spécial continuent à faire parler d'eux, après des millénaires et un mélange avéré ! C'est sûr que nos archaïques amis étaient très loin des marbres de Phidias, mais ils étaient néanmoins fort bien bâtis et dotés de musculatures qu'on sait puissantes et qui étaient sûrement superbes ! Du coup, ils devaient avoir une sacrée allure et de la prestance, les gars ! Leurs copines aussi, et donc, ces charmes sauvages et robustes n'ont pas laissé insensibles les Sapiens que les Néanderthaliens devaient quand même trouver bizarres et mal foutus, mais attendrissants, avec leurs allures de gamins trop vite montés en graine !

L'homme de Néandertal, victime de son succès ?

Photo extraite du film "Ao, le dernier Neandertal", de Jacques Malaterre, inspiré du roman de Marc Klapczynski "Ao l'Homme Ancien", paru aux Éditions Aubéron. © Patrick Glaize et Jacques Malaterre.  
Des chercheurs américains ont modélisé sur ordinateur diverses informations liées à la période de cohabitation entre Néandertaliens et Hommes modernes, il y a 30 à 40 000 ans. Ils en concluent que les premiers, loin d’avoir été surpassés, ont simplement été ‘absorbés’ génétiquement par les seconds, bien plus nombreux, les deux espèces, tout aussi compétitives, s’étant métissées.
Néandertal, évincé par un sapiens bien plus intelligent, avant de disparaître ‘dans son coin’, il y 30.000 ans, en Eurasie ? Pas du tout, selon des chercheurs américains, qui ont ‘mouliné’ les données disponibles sur cette période dans leur ordinateur. Les deux espèces auraient été tellement proches, notamment sur le plan intellectuel et comportemental, qu’elles auraient tout simplement fusionné, d'après les travaux publiés dans la revue Human Ecology,
"Nous avons conçu des cadres théoriques et méthodologiques qui incorporent des données sur trois systèmes évolutifs : biologique, culturel et environnemental. Le résultat scientifiquement intéressant de cette recherche, qui a étudié les changements (…) survenus dans les comportements d’utilisation des territoires, c'est qu'elle montre comment les Néandertaliens pourraient avoir disparu non pas parce qu'ils étaient (…) moins doués (…), mais parce qu'ils étaient aussi sophistiqués, sur le plan comportemental, que l'homme moderne", commence le Pr Michael Barton, de l'Arizona State University.
"(…) L'homme moderne a sans doute vu dans les Néandertaliens des partenaires [sexuels] possibles. En conséquence, au fil du temps, les hommes de Neandertal se sont éteints en tant que population physiquement reconnaissable. (...) À bien des égards, ils ont tout simplement été victimes de leur propre succès", continue le Prof Riel-Salvatore, de l’Université du Colorado, co-auteur de l’étude.
Les chercheurs, puisant dans les données archéologiques empiriques, estiment que celles-ci valident leur modèle informatique. "En outre, notre modélisation prédit le faible nombre de gènes néandertaliens trouvés [dans notre génome moderne] lors des plus récentes études génétiques", conclut enfin le Professeur Barton.
De toute façon, ils sont encore dans nos gènes, donc, oui, ils ont eu du succès et ont été appréciés pour ce qu'ils étaient : des hommes différents, mais intelligents, dotés d'un charme inédit, aux comportements proches et aux idées aussi larges que celles des Sapiens. Tant mieux.    

jeudi 27 octobre 2011

Sciences et Avenir - Actualité des sciences et de la recherche - journal d'information

Voici in extenso l'article en lien ci-dessus... Notre petit trapu chéri n'en finit pas de faire parler de lui, et tant mieux ! 

Neandertal: un chasseur-pêcheur complet

La pratique de la chasse de petits gibiers et de la pêche par l’homme de Neandertal remonte à au moins 250 000 ans, révèlent de nouvelles fouilles.

Outil de pierre de Payre utilisé sur poisson A) Poli de contact en écaillant du poisson B) Fragment d'une écaille de poisson © Bruce Hardy / Kenyon College Outil de pierre de Payre utilisé sur poisson A) Poli de contact en écaillant du poisson B) Fragment d'une écaille de poisson © Bruce Hardy / Kenyon College
 
Les travaux effectués dans la grotte de Payre, en Ardèche, durant plus de dix ans (le site était en partie effondré), ont permis de mettre au jour plusieurs niveaux d’occupation du Paléolithique moyen (entre - 250.000 et - 125.000 ans).
Les fouilles y ont révélé de nombreux vestiges : outils en pierre de silex, des restes osseux d’ongulés (bovidés, cervidés, équidés) portant des traces de découpe caractéristiques d’un travail de boucherie. Les paléontologues, dont Marie-Hélène Moncel du Muséum d’Histoire Naturelle (Paris), ont étudié de très près ces outils de pierre avec une technique appelée tracéologie: elle consiste à déterminer leurs fonctions en étudiant les traces produites (polis et stigmates d’usure) lors de leur utilisation. Ils ont également pu analyser des résidus variés découverts à la surface et dans le creux des outils.
Les résultats, publiés dans la revue PLoS One, indiquent que certains bords d’outils ont servi à une activité de boucherie mais également au tannage des peaux. D’autres outils mettent en évidence le travail du bois. Mais la découverte la plus spectaculaire est sans doute celle de la présence de résidus de plumes, d’arêtes de poissons, et d’amidon témoignant de la découpe d’oiseaux, de pêche et de la consommation de féculents. En effet, jusqu’à présent, les paléontologues estimaient que les hommes de Neandertal étaient incapables de chasser les petits gibiers comme les oiseaux ou les poissons. Sans doute parce que les restes d’oiseaux ou de poissons sont plus fragiles et ne laissent pas de traces archéologiques. Seules ces nouvelles techniques ont pu démontrer leur consommation. La capture de petites proies est  souvent considérée comme la preuve d’une supériorité de l’Homme moderne.
Cette étude montre au contraire que les hommes de Neandertal étaient capables de s’adapter à leur environnement immédiat et de consommer une large gamme de gibiers ou de poissons.
J.I.
Sciences et Avenir.fr

20/10/2011
Et pan ! dans les dents de ceux qui croyaient le bonhomme incapable de chasser et de pêcher de la même manière que nos Cro-Magnons, se contentant de gros gibier... Rions ! Notre petit costaud, pas plus sot que la grande perche sapienne, s'avère finalement aussi capable que lui de varier son menu et d'innover pour ça ! Tout ceci est excellent et complète le portrait déjà sympathique d'un gaillard franchement intéressant !   

mardi 30 août 2011

Encore du rififi dans notre génome !!!!!

Article passionnant s'il en est !!!

In extenso l'article ci-dessous :

Les croisements entre humains et leurs cousins éteints les ont fortifiés

Reconstitution d'hommes de Néandertal au musée de la préhistoire des Eyzies-de-Tayac en juillet 2004 Patrick Bernard AFP/Archives
Les ébats sexuels des ancêtres de l'homme moderne avec les Néandertaliens et les Dénisoviens, des cousins anciens aujourd'hui éteints, ont permis aux humains d'hériter de gènes qui ont dopé leur système immunitaire, selon une recherche publiée jeudi aux Etats-Unis.
Ce groupe de gènes, appelés HLA, joue un rôle essentiel pour que notre organisme reconnaisse et détruise des pathogènes, explique Laurent Abi-Rached, un chercheur français à la faculté de médecine de l'Université Stanford, principal auteur de ces travaux parus dans la version en ligne de la revue Science.
Ces gènes comptent parmi les plus variables et adaptables dans notre génome car l'évolution rapide des virus nécessite une capacité de réaction et adaptation rapide, explique-t-il.
Les homos sapiens, les Dénisoviens et les Neandertaliens se sont séparés il y a 400.000 ans environ. Dénisoviens et Néandertaliens ont émigré hors du continent africain, les premiers en Europe et dans l'ouest de l'Asie tandis que les seconds se sont dirigés vers l'Asie de l'Est.
Quant aux ancêtres de l'homme d'aujourd'hui, ils sont sortis d'Afrique il y a seulement 65.000 ans pour aller en Eurasie où ils ont rencontré leurs cousins Dénisoviens et Néandertaliens avec qui ils ont eu des rapports amoureux pour le plus grand bien de l'humanité.

"Ces croisements n'ont pas été que des événements fortuits sans conséquence, ils ont apporté quelque chose d'utile au patrimoine génétique de l'homme moderne", commente Peter Parham, professeur de biologie à l'Université Stanford, qui a dirigé la recherche.
En comparant les gènes HLA de l'homme moderne et de ces deux cousins disparus, les chercheurs ont pu déterminer que des variantes venaient probablement de croisements avec des Dénisoviens.
On sait peu de choses de ces cousins mis au jour à Denisova en Russie en 2010, puisque l'os d'un doigt et une dent en sont les seuls fossiles connus. Mais le séquençage du génome fait à partir de l'ADN extrait de l'os a permis de déterminer quand des croisements se sont produits avec les humains.
Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où des accouplements occasionnels entre humains et Dénisoviens se sont produits.
D'autres variantes du groupe de gènes HLA (HLA-A) représentent jusqu'à 64% de ces gènes dans les populations d'Asie de l'Est et d'Océanie, avec la plus forte fréquence en Papouasie Nouvelle-Guinée.
 Un scénario similaire avec certains autres types du gène HLA ont été trouvés dans le génome de l'homme de Neandertal dont l'ADN, extrait d'ossements anciens, a également été séquencé.
Ces variantes sont très fréquentes chez les Européens et les Asiatiques mais rares chez les Africains, relèvent les chercheurs. Selon eux, la moitié de ces variantes du gène HLA ont été héritées des croisements avec les Néandertaliens et les Dénisoviens. Pour les Asiatiques cette proportion atteint 80% et 95% chez les Papouasiens.
"Le système de gènes HLA avec sa diversité de variantes est un peu comme une loupe" car il fournit beaucoup plus de détails sur l'histoire des populations que les familles typiques de gènes, souligne Laurent Abi-Rached.
Le séquençage partiel du génome du Néandertalien montre que certains humains modernes ont hérité jusqu'à 4% des gènes de ce cousin disparu il y a un peu plus de 30.000 ans. Pour le Dénisovien, cette proportion héritée atteint 7%, selon les résultats du séquençage de l'ADN terminée en décembre dernier.
Ben voilà qui va donner à certains la jaunisse... La "Race Pure" chère à certains, ben ils l'ont dans le baba, et je suis encore polie !!

Un débat sympa que j'avais adoré et qui est remis au goût du jour !

     <h2>Neandertal : Cro-Magnon m'a tue[r] ?</h2><p><p>Avec Marylène Patou-Mathis, responsable de l'unité d'archéozoologie du Muséum national d&#8217;histoire naturelle, et Silvana Condemi, paléoanthropologue à l&#8217;Université de la Méditerranée.</p><p>&nbsp;</p><p>Débat en 3 parties accessibles dans MENU / chapitres.</p><p>&nbsp;</p><p>Réalisation : Sylvie Allonneau</p><p>&nbsp;</p><p>Production : Cité des sciences et de l'industrie, 2009</p><p>&nbsp;</p></p>
Mesdames les scientifiques nous présentent là un débat passionnant. 
Petite réserve sur la fin toutefois. Cloné et éduqué comme un homme moderne, je ne pense pas qu'en dehors de sa force physique plus grande, notre vieil ami serait inadapté. Il serait probablement stigmatisé par sa drôle de tronche, mais à part ça...

jeudi 11 août 2011

Les hommes modernes 10 fois plus nombreux que les néandertaliens

Les hommes modernes 10 fois plus nombreux que les néandertaliens
Une info reprise du blog "Paléoanthropologie", elle-même issue du site "Pour la Science", en date du 4 août 2011. Et comme le lien ne fonctionne plus vers le site de "Pour la Science", voici in extenso copie de l'article repris dans le blog "paléoanthropologie"...


Les hommes modernes 10 fois plus nombreux que les néandertaliens

La Rencontre, telle qu'imaginée magnifiquement par Emmanuel Roudier.
© Emmanuel Roudier.
La population d'homme modernes aurait été multiplié au moins par dix entre - 40 000 et - 30 000 ans, dans le Sud-Ouest de la France. Une explosion démographique qui apporte un éclairage nouveau sur la transition entre Néandertaliens et hommes modernes.
Bientôt sept milliards d'hommes sur la planète. Après avoir conduit les autres espèces humaines à l'extinction, Homo sapiens continue à se multiplier, et le fera, semble-t-il, jusqu'aux limites de notre biotope. Les travaux de Paul Mellars et Jennifer French, de l'Université de Cambridge, suggèrent que cette tendance démographique existait déjà lorsque les hommes modernes ont remplacé les Néandertaliens d'Eurasie, entre - 40 000 et - 30 000 ans : durant cette période, la population d'hommes modernes d'une région du sud-ouest de la France a été multipliée par au moins 10. La transition entre Néandertaliens et hommes modernes a aussi été une transition démographique!
En Europe occidentale, trois traditions culturelles ont coexisté et se sont succédées pendant la transition Néandertal-Homo sapiens : celles du Moustérien de tradition acheuléenne (- 300 000 à - 30 000 ans) et du Châtelperronien (- 38 000 à - 32 000 ans) attribuées aux Néandertaliens ; et celle de l'Aurignacien (- 37 000 à - 28 000 ans) attribuée à l'homme moderne.
Les chercheurs ont étudié l'évolution d'une région de 75 000 kilomètres carrés centré sur la Dordogne, haut lieu préhistorique, a évolué au cours de la transition. Pour ce faire, ils dénombré les abris sous roches et les sites (ou stations) de plein air, ainsi que l'intensité de l'occupation de ces sites durant la transition. Il en ressort que si on peut attribuer l'usage de 26 abris sous roche aux Moustériens, et celui de 30 abris et de sept stations de plein air aux Châtelperroniens, les Aurignaciens ont pour leur part occupé au moins 108 abris sous roches et 39 stations de plein air durant la période.
Sur ces sites, les surfaces minimales occupées varient considérablement : alors que les sites moustériens et châtelperroniens occupent entre 100 à 250 mètres carrés, les sites aurignaciens occupent entre 500 et 600 mètres carrés. La quantité de viande consommée, déduite du nombres d'os par mètre carré et par millier d'années de states, passent par ailleurs de 84,6 kilogrammes au Châtelpéronnien à 152,2 kilogrammes à l'Aurignacien (les données sont manquantes pour le Moustérien), soit une multiplication par 1,8. De même, le nombre moyen d'outils lithiques retrouvés par mètre carré et par millénaire passe de 50 pour le Moustérien, à 80 au Châtelpéronnien et 150 chez les Aurignaciens. Une augmentation d'un même facteur 1,8, ce qui corrobore le résultat précédent.
Qu'en conclure ? L'augmentation de la surface occupée sur les sites suggère une augmentation de la population de chaque site par 2 à 3 au cours de la transition Néandertalien-Sapiens. Dans le même temps, le nombre de site est pour sa part multiplié par environ 2,5, tandis que leur densité d'occupation – indiquée par la viande consommée et le nombre d'outils – croît d'un facteur 1,8. Une simple multiplication de ces facteurs entre eux suggère au final que la population aurignacienne était quelque dix fois plus nombreuse que les populations néandertaliennes qui l'ont précédée.
La modernité culturelle qui caractérisait Homo sapiens signifiait-elle une meilleure exploitation du territoire, donc la possibilité d'une plus grande population ? Ou à l'inverse, la population plus nombreuse d'hommes modernes a-elle entrainé plus d'innovations, donc plus d'efficacité ? Difficile à dire.
Source : Pour la Science du 04/08/2011

Cet article apporte quelques éclaircissements sur cette théorie qui fait pas mal de bruit depuis la fin juillet. Vaincu par le nombre, mais pas tant que ça, puisqu'il y a eu quelques mélanges très chouettes dont nous avons, nous, Eurasiatiques, encore quelques traces génétiques en nous ! Pour ce qui est de l'intelligence du robuste quidam, je pense qu'en dépit de différences physiques et culturelles, peut-être cognitives, et encore, ça n'est pas dit, car il semble de plus en plus proche de nous au fil des découvertes, il nous valait largement... La différence s'est visiblement située au niveau fécondité, une fécondité probablement accrue par une répartition des tâches plus définie, et donc les prémices du patriarcat et tout ce qui en a découlé par la suite ? On pense qu'en regard de leur robustesse remarquable, les Néanderthaliennes chassaient, comme leurs bonshommes, et de fait, devaient être moins souvent confinées à pouponner, sans compter que les Néanderthaliens semblaient plus nomadiser que les sapiens et donc, qu'il était moins facile pour les robustes dames d'avoir des enfants et les élever... Tout se serait donc joué là... Tout simplement. Ce sont les thèses défendues pour leur part, par Messieurs Thomas et Picq ainsi que Maureille et Otte ainsi que Madame Patou-Mathis.





 

mardi 9 août 2011

L’homme de Néandertal et nous | Agence Science-Presse

Une nouvelle théorie d'Anglo-Saxons qui ont mal à Néanderthal... M'énervent !
Voici in extenso copie de l'article en lien ci-dessus... 
Actualité

L’homme de Néandertal et nous

Agence Science-Presse, le 1 août 2011, 16h34
(Agence Science-Presse) La disparition de l’homme de Néandertal, encore inexpliquée à ce jour, tient en haleine plusieurs équipes de chercheurs. C’est le moins que l’on puisse dire : deux études ont été récemment publiées, chacune tentant de jeter un peu de lumière sur cet événement marquant de l’histoire de l’humanité.
 
Image tirée de l'article ci-inclus. je n'ai pas les références. Elles n'étaient pas dans l'article non plus.
D’abord, une équipe de scientifiques, dirigée par Damian Labuda, chercheur au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, a découvert, en comparant l’ADN de l’homme de Néandertal et celui de milliers d’hommes modernes, provenant de toutes les régions du monde, qu’une partie de leur chromosome X serait identique. Qui plus est, cette séquence se retrouverait dans le génome de tous les hommes modernes, à l’exception de ceux vivant en Afrique subsaharienne.
« Cela confirme des découvertes récentes, selon lesquelles il y aurait eu croisement des deux populations », précise le chercheur. Les contacts entre l’homme de Néandertal et l’Homo sapiens remonteraient très loin dans l’histoire, au moment où leurs chemins se seraient croisés au Moyen-Orient, estiment les chercheurs.
Depuis ces révélations, de nombreux scientifiques n’ont pas hésité à émettre de nouvelles hypothèses sur les causes de la disparition de l’homme de Néandertal et de l’implication possible de nos ancêtres dans son tragique destin.
Pour Paul Mellars, de l’Université de Cambridge, et sa collègue, Jennifer French, il ne fait nul doute que c’est le poids du nombre, combiné à une meilleure technologie et des interactions sociales plus sophistiquées, qui a permis aux hommes modernes de tirer leur épingle du jeu au détriment de l’homme de Néandertal. « Les premières populations d’hommes modernes étaient 10 fois supérieures en nombre à celles des populations néandertaliennes, explique le chercheur. Les Néandertaliens ont disparu de l’Europe de l’Ouest suite à une arrivée massive des hommes modernes, les rendant minoritaires sur leurs propres terres. »
C’est en comparant le nombre de sites néandertaliens dans la région (deux fois et demie moins nombreux que ceux des hommes modernes), la grandeur de ces sites (deux fois moins large) et la quantité d’outils trouvée dans les sites que les deux chercheurs sont arrivés à cette conclusion.
Pour en savoir plus
Quelle partie de vous est Néandertal?
Qu'il ait été vaincu par le nombre, passe encore... Mais certainement pas par forfait, il était futé, le bougre !!! Différent de nous autres, certes, mais diantrement débrouillard aussi, n'en déplaise aux fâcheux qui n'admettent pas avoir en eux quelque chose du petit trapu costaud !


mercredi 27 juillet 2011

Nous sommes tous des néandertaliens - Le Point

Voici l'article en lien ci-dessus in extenso ci-dessous... Youpi, ça me fait bien marrer ! Au temps pour les racistes à la noix !

Nous sommes tous des néandertaliens

Le Point.fr - Publié le 22/07/2011 à 18:31 - Modifié le 22/07/2011 à 18:38

Voici une nouvelle preuve génétique que Neandertal et nos ancêtres ont fait crac-crac au Proche-Orient.

 Comme l'image d'illustration de cet article sur Le Point ne représentait pas un Néanderthalien, mais un homo erectus, voilà une dame de Néanderthal à ma sauce...

On a tous en nous quelque chose de... Neandertal, aurait pu chanter Johnny. C'est sans doute une mauvaise nouvelle pour ceux qui pensaient que l'humanité actuelle n'a rien à voir avec cette supposée "brute épaisse", mais une nouvelle preuve du batifolage sexuel entre les deux espèces (ou sous-espèces) humaines vient d'être découverte, cachée dans notre génome. Il semble en effet avéré que certains hommes et femmes d'aujourd'hui posséderaient dans leur chromosome X (celui qui détermine le sexe avec le Y) des fractions d'ADN héritées de ce cousin ayant disparu voilà 30 000 ans. L'auteur de cette découverte publiée dans la revue Molecular Biology and Evolution est un certain Damian Labuta de l'Université de Montréal.

Mais alors, comme dirait la presse people, où et quand M. Neandertal et Mme Sapiens (à moins que cela ne soit le contraire) ont-ils fait leur escapade amoureuse ? D'après les généticiens, cet échange de partenaires entre les deux branches humaines n'aurait pas eu lieu en Europe, où elles se sont côtoyées il y a quelques millénaires, mais auparavant, au Moyen-Orient.
Échangisme
Un petit rappel des faits est sans doute nécessaire : voilà 400 000 à 500 000 ans, certains des Homo ergaster peuplant l'Afrique commencent à trouver le temps long, ils choisissent alors de courir le monde. Les voyages forment la jeunesse, mais surtout les espèces. Nos touristes finissent par débarquer en Europe où ils évoluent doucement pour se transformer en hommes de Neandertal. La vie est pépère.
Pendant ce temps, les ergaster restés en Afrique continuent à évoluer pour donner naissance, il y a environ 200 000 ans, à l'Homo sapiens, appelé dorénavant homme moderne. Après 130 000 ans de félicité africaine, lui aussi a bientôt des fourmis dans les jambes. Vers - 70 000, les plus aventureux, profitant d'un réchauffement planétaire, prennent la route du Proche-Orient.
Et là, qui trouvent-ils, on vous le donne en mille !, mais les cousins Neandertal, qui, eux, venaient de refluer d'une Europe prise dans les glaces. Mazel Tov ! On échange les partenaires pour fêter ces retrouvailles. De gré ou de force, on ne le sait pas. En tout cas, c'est bien à cette époque que des gènes néandertaliens s'immiscent dans le génome de l'homme moderne.
Confettis néandertaliens
Le biologiste Svante Pääbo (Institut Max Planck, en Allemagne) avait déjà estimé cette présence "étrangère" entre 1 et 4 % de notre génome. Puis quand celui-ci a publié le génome quasi complet de Neandertal, le docteur Labuda a entamé une recherche pour voir si un haplotype (morceau d'ADN composé de plusieurs gènes) du chromosome X de Neandertal pouvait être retrouvé dans l'ADN des hommes d'aujourd'hui. Bingo, Labuda repère effectivement des confettis néandertaliens dans les chromosomes de toutes les populations humaines actuelles, sauf celles d'Afrique subsaharienne ! Ce qui confirme parfaitement que l'échange génétique entre les deux espèces humaines s'est produit hors d'Afrique.
Depuis que je sais qu'il y a quelque chose de Neandertal en quelques-uns de nous, j'essaie de repérer autour de moi ceux qui ont été plus gâtés que les autres. Marine Le Pen ? DSK ?

 C'est encore faire trop d'honneur à DSK et Le Pen que dire d'eux qu'ils ont hérité de Néanderthal plus que les autres... Moi, je serais tentée de dire l'inverse, car le destructeur des autres humanités dont Néanderthal et maintenant de la planète, c'est bien Sapiens... Donc, à mon avis,  DSK et Le Pen ont moins de Neanderthal que les Eurasiatiques en général... Génétiquement ils se rapprocheraient donc des Africains sub-sahariens, mdr !!! 

mercredi 8 juin 2011

Pour ceux qui ne sauraient TOUJOURS PAS qui est Emmanuel Roudier !

En recherchant une fois de plus de la documentation illustrée sur notre cher Néanderthal, je suis tombée sur ceci, un petit document PDF téléchargeable, présentant de manière concise mais précise un des plus grands dessinateurs de BD de notre époque ! Emmanuel Roudier, qui est un homme modeste, charmant et passionné par son métier, est l'auteur de bandes dessinées historiques, de cartes et de jeux de rôles situés dans l'univers du fantastique, de l'heroic-fantasy et de la préhistoire, et comme la préhistoire, notamment Néanderthal, est vraiment son dada, qu'il a potassé le sujet avec autant de sérieux qu'un archéologue professionnel, ses BD sur la préhistoire, les séries Néandertal et Vo'hounâ, sont devenues de telles références, que les plus grands musées font à présent appel à lui, ou les publications scientifiques, aussi, pour illustrer la vie de nos ancêtres ! Certains auteurs aussi ont apprécié son coup de main pour illustrer les éditions jeunesse de leurs histoires. Mais cet homme fasciné par le plus lointain passé l'est aussi par le côté magique de l'imaginaire, voire le futur le plus lointain... A mon avis, il ne va pas tarder à nous faire une saga de SF tout à fait superbe et passionnante, aussi... Et parce que ce qu'il fait est absolument superbe, voilà, en prime, un de ses dessins somptueux ! Merci Manu pour ton formidable talent et ton apport à la réhabilitation de nos ancêtres les plus controversés ! 
  Une illustration tirée du jeu de rôle "Würm", dont le livret devrait sortir incessamment... © Emmanuel Roudier. 

mardi 18 janvier 2011

Le quatrième Homme...

Repris carrément du site Cite-sciences.fr, un article qui relate la conclusion des recherches génétiques menées sur la phalange de petite fille trouvée à Denisova... In extenso ci-dessous.
NI NEANDERTAL, NI SAPIENS, bienvenue aux Dénisoviens !
Le petit doigt vieux de 40 000 ans, trouvé en 2008 dans la grotte de Denisova au sud de la Sibérie, appartenait à une fillette d'une espèce humaine encore inconnue. C'est ce que confirme le séquençage de son génome nucléaire.

Emplacement de la grotte.
La grotte de Denisova est située dans le massif de l'Altaï, au sud de la Sibérie, une région riche en traces de peuplements préhistoriques© DR
Un an de suspens
En mars 2010, l'analyse de l'ADN mitochondrial (l'ADNmt) de ce petit bout de doigt suggérait qu'il pouvait avoir appartenu à une espèce humaine encore inconnue. Une espèce humaine qui aurait côtoyé, au moins en ces lieux et sur une longue période, les deux espèces déjà connues : Neandertal (disparu il y a environ 28 000 ans) et Homo sapiens (notre ancêtre à tous). Retrouvé dans une couche de terre vieille de 40 000 ans, le petit doigt était soupçonné d'appartenir à une lignée âgée de plus d'un million d'années. Du moins c'est ce que laissait entendre la comparaison de son ADN mitochondrial avec celui d'autres spécimens humains déjà étudiés.

La dent d’un autre Dénisovien
Cette molaire a également été trouvée dans la grotte de Denisova. L’étude de son ADN mitochondrial a montré qu’elle appartenait aussi à un Dénisovien. Cette molaire est décrite par les chercheurs comme grosse et archaïque et se différencie par son volume, des molaires des Sapiens et des Neandertal. © David Reich et al
Un nom : les Dénisoviens
Pour en avoir le cœur net, restait à interroger l'ADN nucléaire. C'est chose faite. L'équipe conduite par Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutive de Leipzig, vient en effet d'annoncer ses résultats le 23 décembre dans la revue Nature. Une publication la semaine de Noël pour confirmer la naissance d'une nouvelle lignée humaine. Faute d'un nombre suffisant d'ossements et d'individus, les chercheurs hésitent encore à parler officiellement d'une nouvelle espèce. Mais ils parlent désormais d'un « groupe humain » auquel ils viennent de donner un nom : les Dénisoviens.
Une lointaine sœur de Neandertal
Car l'analyse de l'ADN nucléaire confirme l'originalité du petit doigt de Denisova qui appartient à une fillette de sept ans. Et dresse un arbre généalogique plus précis : la branche des Dénisoviens aurait divergé de celle qui conduit à l'homme moderne il y a 800 000 ans, et de celle qui mène à Neandertal il y a 640 000 ans. Les Dénisoviens seraient donc plus proches de Neandertal que de Sapiens.
Un métissage préhistorique
En comparant l'ADN de Denisova avec celui d'hommes modernes actuels, les chercheurs sont tombés sur un résultat inattendu. Les Papous de Nouvelle-Guinée (Mélanésiens) partageraient 5% de leur génome avec les Dénisoviens. Une affinité génétique que l'on ne retrouve avec aucun autre génome contemporain, qu'il soit africain ou européen. Après la découverte en mai 2010 de fragments issus de l'ADN de Neandertal dans le patrimoine génétique des Européens et des Asiatiques, ce résultat est une nouvelle preuve que les différentes espèces humaines ayant cohabité il y a plusieurs millénaires sur la planète, ont pu se métisser. Pour expliquer cette infime parenté des Mélanésiens avec les Dénisoviens, l'équipe de l'Institut Max-Planck dresse l'hypothèse que les Dénisoviens, loin de se cantonner aux seules montagnes de l'Altaï, auraient croisé la route de Sapiens, il y a 55 000 ans, quelque part vers le Proche-Orient. Et que les descendants issus de cette rencontre auraient traversé l'océan pour s'installer en Mélanésie, il y a 45 000 ans.
Paloma Bertrand
Mis en ligne le 12/01/11
Si vous allez à la source de l'info, sur le lien indiqué en entête de cet article, dans ma petite intro, vous pourrez voir, en prime, un diaporama que je n'ai pas réussi à intégrer ici, fatalitas !!!